Nourrir son cheval autrement : les modes de distribution alternatifs

Le cheval mangeant sa ration à hauteur et en 5 min : une image d'Epinal à revoir.
Le cheval mangeant sa ration à hauteur et en 5 min : une image d’Epinal à revoir.

En matière de distribution, nous devons revoir nos pratiques, car nous nourrissons souvent pas assez souvent, de façon trop riches et ne choisissons pas le matériel adéquat. Voici quelques propositions de pratiques alternatives pour nourrir plus sainement nos chevaux.

Les principes du slow feeding
Au fil des siècles, l’écurie est devenue le mode d’hébergement principal des chevaux, et s’est répandu avec elle un nouveau mode de distribution alimentaire : les rations. Ce procédé est facile et rapide : de riches portions de nourritures sont distribuées une à trois fois par jour permettant d’augmenter les apports énergétiques, et l’intensité des entraînements. Or, le cheval est un herbivore et sa digestion naturelle ne lui permet pas de digérer correctement de grandes quantités de nourriture. Ainsi, dans le but de le préserver et de prévenir les problèmes de santé comme les coliques, les ulcères ou les tics de comportement (stress lié à la privation de nourriture), il faut fournir au cheval un mode de consommation lent, c’est ce que l’on appelle le slow feeding, dont voici les principaux avantages :

  • pas de gaspillage, de piétinement,
  • meilleure digestion : plus grande salivation et mastication,
  • réduction des risques d’ulcères d’intestin, de coliques et de problèmes respiratoires,
  • meilleur maintien du poids,
  • réduit les tensions sociales,
  • réduction de l’ennui.

Le slow feeding requiert quelques aménagements, et il existe plusieurs sortes de matériaux spécifiques à ce mode d’alimentation, et ce quelque soit le type d’hébergement, le plus connu étant le filet à foin.

Le cheval a-t-il vraiment besoin d’une ration de concentrés ?
En dehors, du filet à foin, il existe aussi des outils de slow feeding prévus pour la distribution de concentrés. Mais avant de se lancer dans cet investissement, il est bon de se demander si le cheval a vraiment besoin de cet apport. Dans la majorité des cas, une juste distribution de fourrages complétée en vitamines et minéraux est une ration amplement suffisante et efficace, même pour les chevaux au travail.
Si votre cheval a vraiment besoin d’une distribution de concentrés, voici différentes pratiques qui permettront de mieux le nourrir.

Descendre les mangeoires
La morphologie du cheval indique clairement que c’est un animal adapté à manger au sol. Pourtant nous lui plaçons souvent sa nourriture à hauteur en pensant améliorer son confort, mais notre vision du confort n’est pas forcément la sienne, car manger la tête n’est pas une posture naturelle. Tandis que lorsque le cheval mange tête basse, l’usure de ses dents est plus régulière, sa salive est plus abondante, et son muscle œsophagien joue son rôle d’ascenseur en remontant la nourriture. Dans cette posture, la mastication est meilleure et le risque de bouchons œsophagiens est diminué. Dans l’article paru dans Cheval Savoir, le Dr Lescroart précise :

Lors de l’ingestion de la nourriture au sol, le poids de la tête tend le ligament nuchal, depuis la nuque jusqu’au garrot, favorisant la tension du ligament supra épineux, qui unit toutes les vertèbres dorsales et lombaires entre le garrot et le bassin.

Ceci permet d’éviter l’ensellement et surtout beaucoup de dorso-lombalgies (fréquemment non détectées) qui occasionnent principalement une gène lors de la monte. Et aussi une douleur constante…fortement ulcèrogène !

Pipolino, le distributeur de nourriture
Le vétérinaire Pascal Lescroart a conçu un distributeur de nourriture, sur le même principe que le slow feeding. Posé dans un bac, le cheval pousse le tube duquel se déversent les aliments. La vitesse de distribution est réglable, et peut durer jusqu’à 12 heures.

Le pipolino.
Le pipolino.

La distribution automatique de concentré (DAC)
Les DAC s’adaptent aussi bien pour des structures traditionnelles (hébergement en box) que des structures dites actives. Ces distributeurs permettent de réguler la consommation d’aliments réduisant ainsi le risque de troubles digestifs, l’anxiété des chevaux, mais aussi le temps de travail pour les employés de l’écurie.

Exemple de DAC.

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2 réflexions sur “Nourrir son cheval autrement : les modes de distribution alternatifs

  1. Merci pour cet article ! Très instructif comme d’habitude ;) Pour abonder dans votre sens, une vétérinaire était allée jusqu’à me conseiller de laisser un filet à foin dans le box de mon cheval pour qu’il se nourrisse lentement. Mais il existe pas mal d’astuces pas trop chères, j’en avais regroupé certaines sur Pinterest : http://www.pinterest.com/blogcheval/innovations-equitation/ comme le seau avec des cavités ou le coussin à foin

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  2. Merci pour votre commentaire. :)
    Intéressantes innovations, je ne les connaissais pas.
    En effet, la distribution lente convient aussi pour les chevaux en box ! Elle est très intéressante pour réduire l’ennui et les effets de la privation de nourriture.

    Aimé par 1 personne

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