Ce que les études nous révèlent sur les techniques LDR/hyperflexion/rollkür

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Mise à jour : juin 2016

Au cours de ces dernières années, les débats se sont principalement axés autour de la position tête encolure (Head Neck Position ou HNP), du coup beaucoup d’études ont été menées sur le sujet et voici ce qu’il en ressort.

Les différentes positions de tête encolure (HNP)
HNP
Les scientifiques reconnaissent 4 postures :

  • 1a en avant la verticale,
  • 1b sur la verticale,
  • 1c derrière la verticale, LDR, hyperflexion (ou Rollkür en allemand),
  • 1d renversée ou à l’envers.

Conséquences physiques
En 2014, l’étudiante en doctorat Kathrin Kienapfel a étudié différentes positions d’encolure et leurs effets sur les muscles. Elle démontré que l’hyperflexion muscle la partie inférieure de l’encolure (le muscle brachiocephalicus) entraînant un mouvement artificiel des antérieurs, tandis qu’une posture en avant de la verticale sollicite les muscles supérieurs de l’encolure (le splenius et les trapèzes). On peut voir dans la seconde partie de ce reportage, la chercheuse réaliser un test sur un cheval en longe préalablement équipé de capteurs placés sur l’encolure. Le cheval est mis en posture « normale » puis en hyperflexion pendant que les capteurs enregistrent l’activité musculaire. En hyperflexion, les résultats sont clairs : le cheval subit une suractivité anormale du muscle inférieur de l’encolure. Elle rapporte également que durant son étude, 70% des cavaliers allemands étudiés lors des concours utilisaient l’hyperflexion.
Une autre étude menée sur 35 chevaux allemands montre que cette posture entraîne une compression considérable du larynx, ce qui pourrait causer des troubles respiratoires.

L'hyperflexion muscle la partie inférieure de l'encolure.
L’hyperflexion muscle la partie inférieure de l’encolure.

Conséquences psychologiques
Des chercheurs ont étudié le cortisol salivaire afin de déterminer le niveau de stress, la fréquence cardiaque ainsi que sa variabilité de 15 chevaux danois montés dans trois postures d’encolure. La variation et la fréquence cardiaque ne présentaient pas de changement significatif, en revanche le cortisol salivaire était plus élevé chez les chevaux montés en hyperflexion signifiant que les chevaux entraînés dans cette posture sont soumis à un état de stress accru.
On pourrait dire qu’une autre étude valide ce constat puisqu’elle-même a observé que les postures derrière la verticale engendrent davantage de comportements conflictuels de la part du cheval par rapport à une posture devant la verticale. Elle a également fait d’autres observations intéressantes : les concours de plus petits niveaux semblent sanctionner davantage les chevaux derrière la verticale, ce qui ne semble pas être le cas dans les concours plus haut niveau. Une autre observation a aussi faite sur le matériel, où sur les 171 chevaux observés, plus de 90% évoluaient derrière la verticale avec des muserolles serrées.
Toujours en Allemagne, des chercheurs (première partie de la vidéo visionnée ci-dessus) se sont penchés sur la volonté du cheval à choisir une posture plutôt qu’une autre. Dans un premier test, un cheval est menée dans un Y, dans une posture ouverte vers la droite, puis dans une posture fermée vers la gauche. Le cheval est ensuite laissé dans le Y et choisi de quel côté il veut en sortir, résultat : il choisit quasi-systématiquement la sortie « sans rollkür » (ohne Rollkür).

Conclusion
Nous avons rapporté ici qu’un échantillon des études menées sur le sujet, l’ISES (International Society for Equitation Science) quant à elle, s’est chargée de les lire et les étudier dans leur ensemble et sa conclusion est sans appel : sur les 55 études, 88% des résultats concluent que l’hyperflexion a des répercussions négatives sur le bien-être du cheval. En résumé, les principaux effets négatifs connus et relevés par les scientifiques à retenir sont :

  • des lésions des tissus mous et du squelette,
  • des difficultés respiratoires dues à la compression du larynx,
  • des troubles de la vision,
  • un stress physique et psychologique,
  • des comportements conflictuels,
  • l’usage de matériel coercitif (muserolle serrée).

Or, l’idée que le cheval fonctionne correctement en posture basse et ronde est une image d’Epinal partagée par une grande majorité de cavaliers. Nous pouvons prendre l’exemple de cette étude anglaise qui a révélé que la HNP du cheval indiquerait en autres, le niveau de travail et le potentiel du cheval pour les futurs acheteurs, et les qualités du cheval seraient mieux perçues quand la nuque est fermée. D’ailleurs, sur un échantillon de 914 chevaux en vente, 70% des chevaux étaient derrière la verticale, 20% en avant et 8% présentaient un chanfrein à l’horizontal.
Ces résultats soulèvent un paradoxe : si d’un côté les cavalières s’insurgent des postures derrière la verticale, elles sont de l’autre, considérées comme un indicateur fiable pour évaluer le niveau de travail. Il y a encore un long chemin à faire pour changer les mentalités.

Bibliographie :

  • Gerd Heuschmann, Dressage moderne : un jeu de massacre ?, Belin, 2009
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