Et les hanches dans tout ça ?

Crédit photo : Bénédicte Gelé

Cet article a été rédigé avec Isa Danne, enseignante en Équitation Classique et cavalière professionnelle.

On lit et on entend une multitude de choses autour de l’équitation et de ses techniques. Les cavaliers sont capables de parler d’encolure, de dos, d’épaules, d’engagement, mais on voit rarement les conversations s’attarder sur les hanches du cheval… et en particulier l’articulation coxo-fémorale.

Pourquoi parler de l’articulation coxo-fémorale et non d’arrière-main ? Elles font bien sûr, parties de l’arrière-main du cheval, mais lorsqu’on parle « d’arrière-main », on a tendance à visualiser uniquement les postérieurs et leur engagement, c’est-à-dire leur amplitude naturelle ou « bousculée ». Le fait de ne juger de la qualité de l’engagement qu’à la distance qu’il y a entre deux posés est hélas, une vision réduite de ce fameux engagement qui passe à coté de plusieurs notions importantes.

Or, ne plus ou ne pas parler des coxo-fémorales est bien toute la problématique de l’équitation de contact, car ignorer ou mal connaître leur rôle ne facilite en rien la compréhension de ce qu’est le dressage : « l’éducation du cheval ». Cela soulève d’ailleurs la question suivante : que veut dire éduquer, dresser un cheval ?
Parlons de la cession de mâchoire : celle-ci est visible lorsque le cheval est dans une bonne impulsion et mobilise tout son arrière main, y compris les coxo-fémorales, l’ensemble de cette mobilisation apportera au fil du temps l’équilibre, un équilibre de plus en plus stable. Toute l’attention des cavaliers devrait donc porter sur le fonctionnement complet et correct de l’arrière-main. Le travail de renforcement musculaire et d’assouplissement de l’arrière-main du cheval est donc le travail de base d’un dressage bien conduit.
Cette gymnastique comprend les travaux sur deux pistes (épaule en dedans, contre épaule en dedans, renvers et travers), mais aussi le reculer et les travaux de diagonalisation (droit ou sur des travaux sur deux pistes). Ces exercices sont comparables à des notes de musique qui permettront de composer une partition de plus en plus grande et de plus en plus riche ; en équitation, on parlera du passage de la basse à la haute école.

La pratique régulière de cette gymnastique permet d’assouplir, de muscler, donnant les moyens au cheval de s’équilibrer, permettant également de corriger les défauts de posture du cheval. Tout ce travail de base qui suivra le cheval durant toute son évolution gommera petit à petit tous les problèmes liés à son asymétrie, et à ses dysmétries naturelles ou accidentelles.
Ainsi lorsqu’il est correctement exécuté, ce travail solutionne des problèmes tels que les chevaux qui tirent, fautent à l’obstacle, trébuchent, transitionnent mal, sont inconfortables, lèvent la tête, etc.

Il faut comprendre que l’Équitation Classique (car c’est de cela qu’il s’agit) ne nécessite aucun recours aux aides matérielles que sont les enrênements et les embouchures de toutes sortes. C’est une équitation construite autour et vers le cheval, elle faite de finesse, d’écoute, et demande aux cavaliers une grande concentration pour trouver le geste juste. En effet, elle est très riche, très technique, lorsqu’un cavalier possède ce savoir, alors il se rend compte que les enrênements et embouchures complexes sont non seulement inutiles, mais aussi totalement nuisibles pour un développement harmonieux du physique et du mental du cheval.

Pour aller plus loin :

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