Art martial et équitation

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Pratiquer une activité complémentaire lorsqu’on est cavalier n’a que des avantages et je pense qu’ils sont encore plus grands quand il s’agit d’un art martial.

Un esprit sain dans un corps sain
On ne peut exiger de son cheval le meilleur de lui-même sans s’investir soi-même : ce qu’un cavalier demande à son cheval, il doit pouvoir l’exiger de lui-même (endurance, force, souplesse et légèreté). La bonne condition physique du cavalier est donc primordiale, et ce quelque soit le niveau de travail recherché puisque le premier concerné est le cheval, et que ce dernier est amené à porter son cavalier. D’ailleurs, le poids est souvent la première préoccupation ; selon une étude, le cavalier ne devrait pas excéder 15% du poids corporel total de sa monture. Mais est-ce suffisamment déterminant ? Non, car le poids réel et ressenti par le cheval est principalement déterminé par la posture du cavalier : un cavalier avachi est plus lourd qu’un cavalier tonique, et ce, même avec un écart de 20 kilos. Une bonne posture couplée à une bonne condition physique est donc bien plus déterminante qu’un indice de poids corporel.
Un poids optimal et une bonne condition physique dépendent également de l’alimentation et de l’hygiène de vie : substances chimiques, agriculture et élevage intensif, pauvreté, raréfaction et disparition des ressources… s’il est parfois difficile de solutionner toutes les problématiques de notre mode de vie (et celle de notre cheval), être conscient et agir à son échelle, c’est aussi la composante d’une vie plus saine, et plus éthique.

Pratiquer une activité complémentaire
Monter à cheval exige une maîtrise quasi parfaite : posture, symétrie, coordination, concentration, respiration… autant de sujets de travail et de réflexions qui demandent des mois voire des années d’entraînement. Prenons simplement l’exemple de la symétrie : les cavaliers ont-ils la même exigence envers eux-mêmes qu’avec le cheval ? Pas vraiment. Tordu, sans se rendre compte qu’une des mains se crispe plus fortement que l’autre ou qu’une des jambes s’agite et parasite les aides, le cavalier ne simplifie ni le travail de son cheval, ni le sien, mais difficile de résoudre tous ces détails lorsqu’on se sait sur le dos d’un animal en mouvement sujet, lui aussi, à ses propres déséquilibres. Un travail sur soi s’impose donc, et pour cela mieux vaut mettre pied à terre.
Parmi les solutions envisageables, on penchera vers la pratique d’une activité sportive complémentaire qui permettra de travailler et de parfaire tous les points précédemment évoqués. Dans cet exercice, les arts martiaux et le yoga sont excellents, ils développent non seulement les fonctions physiques du corps humain, mais véhiculent également un code moral, des valeurs, et un état d’esprit (le dô, la Voie) totalement compatibles avec l’art équestre et ses composantes.

Vers le dô.
Vers le dô.

Quelques applications possibles et concrètes dans la pratique de l’équitation :

  • la maîtrise de ses émotions : rester neutre, ne pas céder aux sentiments négatifs tels que la peur, la colère ou la rancœur,
  • la discipline : le respect de l’enseignant est fondamental dans les arts martiaux, et cela passe principalement par l’écoute. Un manque de discipline entraîne bien souvent une sanction, il est donc préférable d’appliquer judicieusement les conseils de son enseignant, et de ne pas le prendre pour un perroquet,
  • l’autoposture, l’autocorrection, la rectitude : la pratique d’un art martial est un chemin individuel, le pratiquant est aussi son propre propre professeur. Pour progresser et se perfectionner, il faut sans cesse s’autocritiquer afin de se corriger en conséquence. C’est un effort constant, sinon cela se traduit par de la paresse (on trouve des excuses à ses défauts, on compte sur son enseignant pour répéter les mêmes choses, etc.),
  • la proprioception (capacité consciente ou non d’une personne à évaluer la position et l’action des différentes parties de son corps) : une faculté indispensable pour être juste,
  • la concentration : monter à cheval est un travail de chaque instant, pour chaque difficulté, le cavalier doit produire une solution rapide et efficace telle une réponse à une attaque, une grande concentration est donc indispensable,
  • la soif de connaissances : ne pas attendre uniquement des autres, mais enrichir soi-même sa culture et sa réflexion.

Quelques sites et blogs :

En images, une démonstration d’aïkido :

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4 réflexions sur “Art martial et équitation

  1. Hélas !
    Combien de fois je leur demande si ils sont capables d’exécuter un grand écart….alors pourquoi l’exiger d’un pauvre cheval qui n’en peut mais. :( La bêtise humaine est infinie qui croit toujours qu’un cheval « ne veut pas céder » alors qu’en fait « il ne le peut pas » !!!

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  2. Très bel article poussant les cavaliers à une remise en question…
    Mais combien le feront réellement ?

    Notre société de consommation vante l’équitation comme un loisir accessible à tous (et ce au détriment des animaux), mais peu d’enseignants sont formés comme ils le devraient pour introduire tout ce bon sens aux apprentis cavaliers…

    Et sans parler du gabarit des cavaliers… (je ne voudrai pour rien au monde être un cheval…!)

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  3. le karaté Dô n’est plus pas forcement la meilleurs des activité Martiales : Taijitsu , Viet vo dao, aikido et Arts Japonnais sont plus proche intellectuellement des demandes actuelles du milieu equestre.

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