La fourbure, un mécanisme encore mal connu

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Nom anglais : laminitis
Nom français : fourbure, pododermatite aseptique diffuse

La fourbure
La fourbure est la deuxième cause de mortalité, derrière la colique. Elle n’est liée pas aux problématiques du mode de vie moderne ; elle serait même apparue avant la prédomestication. Une étude récente donne des chiffres glaçants : un tiers des chevaux sont euthanasiés dans les 12 mois (étude réalisée sur une population de chevaux vivants au Danemark).
La fourbure signifie littéralement inflammation des lames (d’où le terme de laminitis en anglais). Les lames sont des couches de cellules de peau modifiées qui agissent comme des amortisseurs lorsque le cheval se déplace. L’inflammation cause des lésions qui peuvent, dans les cas graves, provoquer le basculement de l’os. Elle peut toucher un ou plusieurs pieds, mais généralement elle est localisée sur les antérieurs.
Elle est aujourd’hui considérée comme secondaire à une maladie plus générale dont les facteurs ne sont pas entièrement connus.

La fourbure a des causes multiples :

  • liée à des endotoxines : surcharge glucidique (sucres, amidon, ou fructanes), surcharge en azote, coliques graves, résistance à l’insuline, herbe givrée, bactéries,
  • pour des raisons mécaniques : fourbure d’appui ou statique (le cheval blessé soulage un de ses membres créant une forte compression), surmenage sur un sol dur, contact avec un sol très froid ou très chaud,
  • d’ordre complexe : cushing, syndrome métabolique équin, rétention du placenta après le poulinage, produits agrochimiques (herbicides ou engrais à base de nitrates).

L’absorption d’eau glacée ne cause pas de fourbure, mais accroît le risque de colique.

Reconnaître une fourbure et la gérer
La fourbure comporte trois phases :

  1. La phase de développement : cette phase passe généralement inaperçue par les propriétaires parce qu’elle ne comporte pas de boiterie,
  2. La phase aiguë : détection des premiers signes, elle dure entre 24 à 72 heures, avec des séquelles plus ou moins graves,
  3. La phase chronique : le cheval ne récupère pas complètement (boiterie, douleur persistante), c’est une période longue qui peut durer des mois, des années voire une vie entière.

Signes cliniques :

  • piétinement,
  • réticence ou incapacité de marcher,
  • augmentation du rythme respiratoire et cardiaque,
  • report de poids sur l’arrière-main pour soulager les antérieurs,
  • pieds chauds,
  • peut se coucher et ne pas vouloir se relever (grave).

La fourbure est une urgence, il faut donc en premier lieu contacter son vétérinaire. En attendant sa venue, le mieux est de pailler abondamment un box et de retirer la nourriture.

Traitements :
Il existe plusieurs traitements pour réduire l’inflammation et soulager la douleur, les plus couramment utilisés sont :

  • l’administration de médicaments anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) pour soulager la douleur et de vasodilatateurs pour les troubles vasculaires,
  • la cryothérapie : l’eau glacée ou des glaçons permettent de soulager la douleur (fonctionne moins bien sur les chevaux atteints de cushing ou de SME),
  • le drainage lymphatique qui permet entre autres, de limiter la réponse inflammatoire,
  • le recours à un parage ou à une ferrure thérapeutique : différentes théories alimentent la prise en charge de la fourbure, il revient au propriétaire de se documenter, d’écouter les conseils de son vétérinaire, et d’agir avec raison.

Prévention
Identifier les facteurs en amont de la fourbure permettra de mieux la prévenir comme l’insulinorésistance, le syndrome cushing ou le SME.
Concernant la nutrition, le principal est de conserver une alimentation équilibrée, réduite en glucides et en amidon. Le foin de luzerne est une bonne alternative, car moins riche en sucre et plus riche en protéines. Concernant le pâturage, s’il n’y a pas d’autre choix : il est préférable d’équiper le cheval d’un panier de régime et éviter les pâtures dont l’herbe est courte, sèche ou givrée. A long terme, la meilleure solution afin de réduire l’accès à l’herbe tout en continuant à conserver un cheval actif est de tendre vers une installation type Paddock Paradise.

Compléments alimentaires
Il existe des compléments alimentaires à base de plantes afin de soutenir l’organisme après une fourbure :

Pour aller plus loin :

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2 réflexions sur “La fourbure, un mécanisme encore mal connu

  1. « le mieux est de pailler abondamment le box, et de retirer la nourriture »
    Et si le cheval mange la paille ? problématique ou pas ?

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