Un nouveau regard sur la demi-pension

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La responsabilité du propriétaire
Premièrement, un propriétaire doit être en capacité de financer pleinement la vie et les coûts de son cheval. On ne peut donc envisager l’achat d’un cheval par le biais du financement d’une demi-pension.

Deuxièmement, lorsqu’on détient la vie de son animal, ce dernier n’a pas à subir une quelconque forme de maltraitance sous couvert de l’ignorance. C’est pourquoi, en termes d’équitation, le propriétaire, qu’il soit cavalier ou non, se doit d’être suffisamment cultivé, informé et compétent (ou de se faire aider) afin d’évaluer la justesse du travail effectué sur son cheval.

La demi-pension ?
La demi-pension est un contrat entre un propriétaire et un cavalier. Le propriétaire met à disposition son cheval pour le cavalier sous couvert de pratiquer une activité conforme à ses volontés, et dans le respect de son cheval.

Les deux principaux types de demi-pension
Il y a deux manières de concevoir une offre de demi-pension, et donc deux manières de déterminer son prix, car il ne suffit pas de couper la part en deux :

  1. la DP sur un jeune cheval : le cheval est peu ou pas dressé ou peu sorti, il a besoin de quelqu’un pour l’éduquer (le dresser) ou pour être travaillé. La valorisation du cheval par le biais de son dressage et/ou de ses résultats compétitifs entre également en ligne de compte ;
  2. la DP sur un cheval d’école : le cheval est dressé, et sert de cheval d’expérience. Ces chevaux appartiennent peuvent appartenir à un professionnel.

Dans le premier cas, la DP rend service au propriétaire qui souhaite que son cheval soit dressé et/ou travaillé régulièrement. Problème : les compétences d’un cavalier expérimenté se paient, ce n’est généralement pas l’inverse. Question tarif, il est donc préférable de proposer un prix très bas voire la gratuité ! La priorité, c’est donc le CV du cavalier.

Dans le second cas, la DP permet au cavalier d’acquérir un savoir, qui contrairement au cas 1, s’achète, donc se paie. Le tarif dépendra donc des services proposés : encadrement, concours, etc. et du potentiel du cavalier.

Les problèmes fréquents
Avant d’envisager une offre de demi-pension sur son cheval, il faut en mesurer les risques, notamment sur ces problèmes fréquents :

  • chercher et sélectionner un demi-pensionnaire : c’est le premier problème pour le propriétaire. Or, bien souvent, c’est un problème d’offre, c’est-à-dire de cheval et de prix, et c’est ce que nous évoquions précédemment : la DP, ce n’est pas seulement la moitié du prix de la pension,
  • la jalousie : il faut se préparer au fait que propriétaire et demi-pensionnaire entretiendront chacun une relation privilégiée avec le cheval,
  • l’équitation : gros sujet de discorde qui est souvent un motif de renvoi. En effet, difficile de s’entendre sur ce point essentiel : le cheval n’est pas une mobylette, il doit être monté correctement et de la même façon par tous ces cavaliers. Cet aspect incombe au propriétaire et devra surtout être éclairci durant l’entretien,
  • le planning : si le propriétaire, voire plusieurs demi-pensionnaires se partagent le cheval, il faut un minimum d’organisation, c’est-à-dire établir un planning de monte (avec pourquoi pas, un compte-rendu de chaque séance) incluant des temps de repos pour le cheval. Il existe même des outils en ligne tels que Galopeo,
  • le matériel : il est adapté au cheval, il doit pouvoir être prêté, mais aussi être respecté. Les litiges pourront être spécifiés dans le contrat, avec ou non la mise à disposition d’un chèque de caution,
  • le non-paiement : il est difficilement solvable (à moins de puiser dans le chèque de caution), et fait l’objet d’un motif de renvoi,
  • le non-respect du contrat et/ou du cheval : c’est le dernier et non des moindres problèmes fréquemment rencontrés. Dans le cas où le demi-pensionnaire manque à ses obligations, s’occupe mal du cheval ou le met en danger, il entraînera la rupture du contrat.

La rédaction de l’annonce
Il n’y a pas de règle pour la rédaction d’une annonce, mais tous les critères importants pour le propriétaire peuvent y être mentionnés. Généralement l’annonce comprend l’âge, le sexe, le tempérament, les disciplines, le niveau de dressage, le type d’hébergement, les installations sur place, l’accès, etc.
Bouche-à-oreille, entourage et affichage dans l’écurie… si cela ne fonctionne pas, il est aussi possible de publier l’annonce sur internet afin d’élargir les recherches.

L’entretien et l’essai
Qu’ils soient seuls ou plusieurs en liste, la décision finale revient évidemment au propriétaire. Il est primordial que celui-ci s’entretienne avec le futur demi-pensionnaire avant d’envisager un essai monté : si les avis ou les orientations divergent de trop, il n’y en aura tout simplement pas.
Pour le propriétaire, il s’agit de connaître les intentions du cavalier au-delà de son niveau de diplôme : parcours personnel, motivations, ce qu’il veut faire avec le cheval… mais aussi s’il a déjà eu un cheval en demi-pension (et pourquoi le contrat a-t-il pris fin), s’il a des doutes, des appréhensions particulières, s’il est encore encadré par un professionnel ou s’il le souhaite et par qui, etc.

Outre les questions du propriétaire, l’entretien est un échange, et le demi-pensionnaire doit pouvoir librement poser les siennes.

Un entretien est préalable à un essai.
Un entretien est préalable à un essai.

L’accord ou le désaccord
La demi-pension est un accord entre deux parties, le propriétaire n’est pas le seul décideur, et le demi-pensionnaire est en droit de refuser si l’entretien ou l’essai lui a déplu ou ne correspond pas à ce qu’il recherche.

L’assurance
En cas d’accident, le cavalier et le propriétaire doivent être assurés, n’attendez pas cette urgence pour vous renseigner sur les démarches à suivre.

Le contrat
Afin de prévoir tout conflit ou litige éventuel, le propriétaire doit établir un contrat. Il existe plusieurs matrices disponibles sur le net, à compléter si nécessaire.

Le début d’une belle aventure
Au-delà de tous les problèmes possibles et envisageables, la demi-pension est un moyen d’échanger, voire de débuter une amitié, et d’entretenir une belle relation avec un cheval. Le propriétaire doit pouvoir chapeauter l’organisation et juger du bien-être de son cheval puisqu’il en est le garant. Enfin, le succès d’une demi-pension repose essentiellement sur la communication, les échanges doivent pouvoir être francs, libres et respectueux.

Pour aller plus loin :

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5 réflexions sur “Un nouveau regard sur la demi-pension

  1. Bonjour,

    Etant demi-pensionnaire depuis quelque temps, je me permet un petit retour d’expérience.

    Déjà effectivement certains propriétaires ont du mal à comprendre que le demi-pensionnaire n’est pas un copropriétaire. Le demi-pensionnaire loue le cheval pour une durée et un usage donnée, il n’est pas solidaire pour toutes les dépenses que veut entreprendre le propriétaire. C’est d’autant plus criant quand le cheval est malade ou blessé sur une longue période.

    Comme tu le dis en région parisienne, la demande de demi-pensionnaire est plus importante que l’offre, surtout si le propriétaire recherche un cavalier expérimenté. On se retrouve donc à essayer plusieurs chevaux et on en voit un peu de toutes les couleurs. Dans le désordre de ce que j’ai vu :
    – Une petite jument de 7 ans, avec une propriétaire de 16 ans qui la considérait comme un joujou offert par papa dans 2ans plus tôt. La jument nécessitait d’être éduquée avant de commencer le dressage (la propriétaire aussi). Elle ne savait pas faire grand chose, si ce n’est enclencher la marche avant dés qu’il y avait une demande. Bien sur le papa demandait prés de 300€…
    – Un hongre présenté comme fiable, qui essaye de te jeter 3 fois avant d’atteindre la carrière et qui fini debout, …
    – Une jument rétive mais pas méchante, avec une gentille propriétaire, qui ne sait plus trop quoi faire, où on se dit qu’il faudra tout reprendre en commençant à pied pour recréer la confiance
    – Une propriétaire qui présente un contrat avec des obligations pour le cavalier longue comme le bras et rien pour le propriétaire. Sur ce point un contrat c’est très bien, (voir le site cheval et droit par exemple) mais il doit resté équilibré. Il ne sert généralement qu’en cas de conflit. Je conseillerai au propriétaire d’assurer leur cheval pour les soins et de préciser le montant de la franchise en cas de blessure du cheval suite à une faute du demi-pensionnaire. (faute toujours difficile à établir).

    Une éventuelle caution n’est pas vraiment une bonne idée (perso, je refuse). Il faut mieux établir une vrai relation de confiance. Si le demi-pensionnaire ne paye pas, il ne monte pas.

    Sur la fin de la demi-pension, qui est sans doute la période un peu difficile à gérer. Je conseillerai d’en parler dès le début et surtout de ne pas laisser pourrir une situation qui se dégrade. Il faut mieux un rupture franche et rapide, qu’un abandon. Sur la fin d’une demi-pension j’ai rencontré 3 cas : le cheval blessé sur une longue période, un conflit entre les copropriétaires du cheval (la mère, la fille + divorce), un différent sur les objectifs (compétition) en lien avec l’équitation pratiqué (légèreté vs dressage moderne).

    Sur le dialogue, c’est essentiel et idéalement il doit aller dans les deux sens. Pour la petite histoire, je montais un cheval en demi-pension avec 3 autres personnes (les 2 proprio, et un autre demi-pensionnaire) au départ, on remplissait chacun un agenda en disait succinctement le contenu de la séance (ex : « Dressage, assouplissement, puis contre-galop, bonne séance »). Donc chacun pouvait ajuster sa séance en fonction des précédentes. Avec le changement d’années l’agenda n’a pas été renouvelé. conclusion, au printemps le cheval s’est blessé, car je pense que pendant 15 jours on a multiplié les séance d’obstacle sans savoir que les autres en faisaient aussi.

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  2. Bonjour,

    Merci pour ces messages.

    Je précise juste que mon propos sur l’offre ne visait pas la région parisienne, mais plutôt les « problèmes tarifaires » des offres de DP. Les propriétaires ont souvent du mal à trouver quelqu’un, et souvent l’obstacle, c’est le prix.

    Votre remarque sur le contrat long comme le bras est intéressante et soulève peut-être l’hésitation et le manque de confiance du propriétaire : il n’est pas toujours facile de confier son cheval…

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  3. Merci pour cet article très intéressant. En tant que propriétaire, j’ai toujours fonctionné avec des DP, et jusqu’à présent cela c’est toujours très bien passé. C’est pour moi un système qui présente de nombreux avantages. D’autant plus que même s’il est parfois difficile de confier son « bébé », il faut aussi avoir en tête que les chevaux savent très bien construire des relations différentes avec leurs cavaliers…Donc la relation du cheval avec son DP pourra tout à faire être épanouissante tout en restant différente de celle avec son propriétaire…Quand on an compris ca, cela limite beaucoup les possibles « jalousies »
    Concernant le contrat, je trouve que c’est surtout un moyen pour que chacun prenne conscience des responsabilités qu’entraine ce type de relation.
    Concernant le prix de la DP, chacun sa philosophie, personnellement, maréchalerie, ostéo, assurance, frais véto courant restent à ma charge , je considère que c’est mon rôle de propriétaire et le cout de la DP est un simple pro-rata de la pension d’hébergement du cheval.
    Par contre du coté des demi pensionnaires, il y a aussi une nécessité de réaliser qu’un cheval et l’équitation en général, cela coute cher. Je ne compte pas le nombre de personnes qui m’ont sollicitée pour une DP sur mon cheval, pour monter 3 fois par semaine, dans de bonnes installations et un cadre agréable et pour moins de 100€ par mois…..Ca c’est non. Je précise que le cheval est gentil, polyvalent, aucun vice et bien dressé et que pour son confort comme pour le mien il est effectivement dans une petite écurie avec des installations de qualité et en pré-box sortie tous les jours…et ce type de prestation a un prix (notamment en région parisienne).

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  4. Je rajouterai que c’est souvent une mauvaise idée de chercher une DP dans le seul but d’alléger les frais… Dans ce cas, on part sur une base négative et le propriétaire n’est souvent pas préparer à laisser son cheval et le fait contraint et forcé, dans une ambiance du coup tendue…

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