La myopathie atypique

L'automne : une saison à risques !
L’automne : une saison à risques !

Mise à jour : octobre 2015

Nom anglais : Atypical myopathy, seasonal Pasture Myopathy (SPM)
Nom français : Myopathie atypique du cheval au pré (MA), myoglobinurie atypique, myopathie atypique saisonnière

La myopathie atypique
La myopathie atypique est une maladie (non contagieuse) causée par l’ingestion d’une toxine, l’hypoglycine A, présente dans les érables :

Érable sycomore.
Érable sycomore.
Érable négondo.
Érable négondo.

L’hypoglycine A ingérée se transforme en un composé toxique, le MCPA. Ce composé toxique induit une incapacité pour les cellules musculaires à utiliser les lipides comme substrats énergétiques, tandis que la capacité à utiliser les glucides est préservée. Le toxique interfère également, mais dans une moindre mesure, avec le métabolisme des acides aminés. Ces désordres biochimiques conduisent à l’accumulation de produits de dégradation du métabolisme énergétique (dont les acylcarnitines) dans le sang. Le profil biochimique qui en résulte permet de réaliser un diagnostic de certitude de la myopathie atypique.

SOURCE : Faculté de médecine vétérinaire de Liège

Informations générales :

  • périodes de l’année : principalement en automne, mais aussi au printemps ;
  • géographie : Autriche, France, Allemagne, Belgique, Danemark, Luxembourg, Irlande, Pays Bas, Royaume-Uni, Suisse, Espagne, République tchèque, Etats-Unis ;
  • zone à risque : 69 % des cas en Belgique, en France et en Allemagne.

Sont particulièrement concernés :

  • les chevaux de moins de 3 ans et les vieux chevaux ;
  • les chevaux maigres ou d’embonpoint normal ;
  • les chevaux non vaccinés, non vermifugés.

Signes cliniques
Les principaux signes (concernant plus de 50% des cas) :

  • émission d’une urine foncée ;
  • muqueuses congestives (couleur rouge) ;
  • faiblesse généralisée ;
  • raideurs ;
  • attitude déprimée ;
  • fréquence cardiaque augmentée (plus 45 bat/min) ;
  • cheval couché sur le flanc ;
  • appétit conservé ;
  • tremblements ;
  • sudation ;
  • température rectale normale (37–38°C) ;
  • distension de la vessie.

Pronostic et traitement
Avant 2006, la maladie était fatale dans 85% des cas, mais durant les dernières périodes, ce taux est de 75%, et varie suivant les pays. A l’automne 2006, le taux de mortalité en France était de 40%.

L’apport de vitamines et d’antioxydants s’est révélé être un traitement intéressant. Toutefois, il est important de prendre en compte le pronostic de survie avant d’envisager un traitement, car dans certains cas, la douleur est si violente que le seul recours sera l’euthanasie.

Eléments en faveur d’un pronostic de survie
Une station debout la majeure partie du temps, l’absence de difficultés respiratoires marquées, des muqueuses d’aspect normal, une défécation normale ainsi qu’une température corporelle dans les normes (37°C < Température rectale ≤ 38.5°C) constituent des éléments positifs. Les chevaux obèses semblent également avoir plus de chance de survie. Il est important de noter qu’en général, les survivants ne semblent pas présenter de séquelles. Néanmoins, la fonction cardiaque est à surveiller dans les mois qui suivent la récupération clinique.

Eléments défavorables à un pronostic de survie
Une station couchée, une sudation abondante, une anorexie (perte d’appétit), une tachycardie (fréquence cardiaque élevée; ≥ 45 battements/ min), de la tachypnée (fréquence respiratoire élevée; ≥ 15 respirations/min) et des difficultés respiratoires constituent des signes défavorables à un pronostic de survie. Les désordres sanguins acido-basiques sévères compromettent également les chances de survie des chevaux.

SOURCE : Faculté de médecine vétérinaire de Liège

Cas voisins, conditions climatiques défavorables, saison à risque : le cheval doit être rentré.
Cas voisins, conditions climatiques défavorables, saison à risque : le cheval doit être rentré.

Prévention :

  • fournir une bonne alimentation en herbe sans samares en automne et sans plantules d’érables au printemps ;
  • retirer les feuilles en automne ;
  • supprimer les arbres toxiques ;
  • bloquer l’accès aux zones humides durant les périodes à risque, et abreuver avec de l’eau courante ;
  • retirer manuellement les crottins ou les laisser sur place (pas d’épandage mécanique) ;
  • retirer les chevaux des pâtures durant les saisons à risques, en cas de conditions climatiques défavorables, ou si des cas se sont déclarés proches (en box ou en stabulation).

Signaler un cas
Il est important de déclarer chaque cas afin de mesurer l’ampleur de la maladie :

Pour aller plus loin :

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