Le foin

Crédit photo
Mise à jour : octobre 2015

Le foin est un aliment incontournable du cheval, ses besoins journaliers s’élèvent de 1% à 3% de son poids corporel.

Anti-stress
Parce que les chevaux sont programmés pour manger pendant au moins 12 heures par jour, la restriction alimentaire cause un stress et des désordres gastriques. C’est ce qui expliquerait la meilleure fertilité des juments quand celles-ci ont un accès libre au fourrage. A contrario, la privation de nourriture est une cause d’ulcères gastriques. Alors pour ne pas laisser l’estomac vide, les principales recommandations visent à ouvrir un accès libre au foin ou à augmenter son temps de consommation. A cette fin, les techniques de slow feeding sont particulièrement intéressantes (vie au box, paddock sableux, problème de poids etc.), sachant que plus la maille est serrée, plus le temps de consommation est long.
Le foin doit être distribué avant la ration. Dans le cas inverse, la ration est mal liquéfiée par l’estomac et est entraînée trop rapidement vers l’intestin grêle : elle sera donc mal assimilée. Ce procédé est également bénéfique pour les chevaux atteints de tic à l’air ou de tic à l’appui, car ils sont moins enclins à tiquer s’ils ont eu du foin avant leur repas.

Qualité
Le meilleur moyen pour évaluer la qualité d’un foin est de le sentir, mais seule une analyse en laboratoire pourra évaluer ses teneurs nutritives. Du foin fourni en feuilles peut indiquer une récolte trop tardive, et la présence de poussière, qu’il a été coupé trop bas. Enfin, il faut se méfier des mythes, la qualité d’un foin dépend essentiellement de son stade de maturité lors de la récolte et d’autres facteurs (comme les conditions climatiques), mais il n’y a pas de règle absolue la concernant.
Par ailleurs, le fourrage n’est pas exempt de contaminations diverses dont voici les plus courantes :

  • mycotoxines : les mycotoxines sont produites par les moisissures et les champignons. Il n’y a pas d’aliments exempts de mycotoxines (aliments, fourrages… en contiennent), les signes cliniques dépendent du degrés d’intoxication,
  • botulisme,
  • insectes : les insectes de la famille des méloidés présents surtout dans la luzerne peuvent être mortellement toxiques.

Microbiote intestinal
Le microbiote intestinal du cheval est fragile, c’est la raison pour laquelle la transition de l’herbe au foin doit être progressive, à cause du risque élevé de troubles gastro-intestinaux (gaz, colique, diarrhée, et inconfort gastrique). Il faudra compter une période d’adaptation d’environ 3 semaines, temps nécessaire à la mise en place du nouvel équilibre intestinal.

Les éléments nutritifs sont influencés par plusieurs facteurs, principalement par le degré de maturité de la récolte et des conditions météorologiques.
Les éléments nutritifs sont influencés par plusieurs facteurs, principalement par le degré de maturité de la récolte et des conditions météorologiques.

Protéines
La teneur en protéines d’un foin est très variable. Les légumineuses comme la luzerne ou le trèfle en contiennent jusqu’à 20%, alors que les foins de graminées (fléole, chiendent et dactyle), 11% à 14%. Ce taux dépend essentiellement de l’âge physiologique de la culture et l’état des nutriments dans le sol : en général, pour obtenir un taux moyen correct, le mieux est de faucher à la mi-floraison.
SOURCE : TheHorse

Trempage
Pour les chevaux emphysémateux, le foin doit être exempt de poussière. Pour cela, on a souvent recours au trempage qui permet de réduire jusqu’à 88% le taux de particules respirables.
Pour les chevaux insulinorésistants, la priorité est à la réduction des glucides dont le taux est fortement influencée par les conditions météorologiques lors de la récolte. La méthode utilisée est la même que pour les chevaux emphysémateux : le trempage. Une heure de trempage réduit jusqu’à 40% des glucides.
SOURCE : TheHorse

Cependant une étude a récemment soulevé des problèmes liés au trempage, notamment parce que cette technique accroît fortement la contamination bactérienne et que les pertes de glucides sont très variables. En l’occurrence, le nombre de bactéries est multiplié par cinq quand le foin a été immergé durant neuf heures (on ne connaît pas encore les conséquences de cette contamination). Et en ce qui concerne les pertes de glucides, les taux sont très variables : de 9% à 54% après 16 heures d’immersion dans une eau à 16°C. De plus, il n’y a pas de corrélation entre les pertes et certaines variétés d’herbes, il est donc difficile de prédire la réduction des glucides après le trempage.
Pour les chercheurs, le procédé qui a obtenu les meilleurs résultats est celui où le foin est d’abord trempé (9 heures) puis cuit à la vapeur (40 min).
SOURCE : The Effect of Five Different Wetting Treatments on the Nutrient Content and Microbial Concentration in Hay for Horses

Vieux chevaux
Pour les vieux chevaux qui ont du mal ou ne veulent plus manger de foin, la pulpe de betterave (sans mélasse) et les pellets de foin sont de bonnes alternatives.
Les cubes de foin sont aussi intéressants, mais tous les chevaux ne les apprécient pas. Ils nécessitent également d’être trempés avant d’être distribués, ce qui les rend aussi peu poussiéreux. Du fait qu’ils soient consommés plus rapidement, il faudra réévaluer les besoins fourragers journaliers.

Une alimentation exclusivement fourragère est possible
Une étude suédoise a montré la comptabilité entre entraînement et croissance en étudiant de jeunes chevaux de course. Les résultats montrent qu’une alimentation fourragère de haute qualité est non seulement adéquate pour les chevaux en croissance, mais peut également réduire le risque de plusieurs problèmes de santé associés à une alimentation trop riche comme les ulcères gastriques, les coliques et la rhabdomyolyse.
SOURCE : TheHorse

Une alimentation fourragère préviendrait certaines maladies et serait plus saine qu'une alimentation à base de concentrés.
Une alimentation fourragère préviendrait certaines maladies et serait plus saine qu’une alimentation à base de concentrés.

Pour aller plus loin :

Publicités

5 réflexions sur “Le foin

  1. Intéressant comme la plupart de vos articles et plutôt complet. A mon avis personnel le foin doit être l’aliment de base du cheval(ou l’herbe) mais pour un particulier c’est difficile de bien l’acheter et de le stocker . Un des problèmes vient aussi de la façon dont a été fait le foin en plus du stade de maturation, de la hauteur de coupe et de la variété des plantes: je m’explique: depuis que j’habite en Ile de France, il m’est difficile de trouver du bon foin, il semble correct à l’achat au moment de la fenaison,et devient en général très poussiéreux au fils des mois car pas assez tourné et donc mal séché: un agriculteur qui fait encore des petites bottes de bonne qualité dit qu’il fait ses fenaisons en 5 jours en tournant (pirouettant) le foin au moins 3 fois, résultat le foin sent bon et n’est pas poussiéreux 1 an après mais il le vend très cher. Alors que dans le pré à coté un autre agriculteur le fauche au jour J et le met en bottes au jour J+1 ou + 2 s’il est épais sans le pirouetter: résultat en juin le foin est beau et en octobre totalement poussiéreux!
    Pour un particulier le problème est aussi le type et le poids des bottes: petites bottes c’est bien sûr l’idéal mais le poids varie beaucoup en fonction des presses(8 à 20 kg!) les grosses bottes carrés ne sont pas manipulables sans tracteur, les rounds ballers posent aussi le problème de l’estimation du poids (certaines pèsent 150 kg d’autres 230 d’autres jusqu’à 350; Reste les « petites bottes rectangulaires » d’une centaine de kg mais il y a peu de vendeurs.
    Pour ma part j’utilise aussi du foin en cubes mais il est très vite mangé….
    J’avais aussi lu il y a quelques années une étude vétérinaire qui disait que les changements de foin augmentaient le risque de coliques car le microbisme digestif du cheval mettait plusieurs jours pour « s’habituer » au changement .
    Sinon bravo pour votre blog très éclectique .

    J'aime

    1. Je n’ai pas parlé de stockage, mais j’ajouterais peut-être cette partie (c’est le foin enrubanné qui est encore complexe à stocker).
      Pour réduire le temps de consommation, vous pouvez acheter des filets spéciaux (voir slow feeding).

      J'aime

  2. Bonjour,

    j’ai deux questions:

    – vous qui avez semble-t-il pas mal lu sur la question, pensez-vous qu’après avoir cuit le foin il reste quoi que ce soit de nutritif dedans ?
    – qu’est-ce que c’est donc qu’un « muscle squelettique » ? (dans la dernière partie de l’article)

    J'aime

  3. Bonjour,
    Article très intéressant et informations très importantes à divulguer… Bravo pour votre travail.
    Par contre, je me permettrais une remarque: lorsque l’on aborde la qualité du foin il est important de parler de sa composition (graminées/légumineuses) et de l’absence de plantes toxiques.
    Cordialement
    Nathalie Parsy

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s