La digestion du cheval

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Mise à jour : septembre 2015

Nous traiterons ici de la compréhension du système digestif du cheval, et plus particulièrement de la digestion.

Quelques chiffres sur le système digestif d’un cheval adulte :

  • œsophage : 1,15 à 1,50 mètres ;
  • estomac : 8 à 15 litres ;
  • intestin grêle : 22 mètres ;
  • gros intestin : 8 mètres.

La bouche et l’œsophage
La digestion débute dès la mastication, où la nourriture est broyée et humidifiée de salive. Le cheval produit deux fois plus de salive pour manger du foin ou de l’herbe qu’un repas concentré. Si la mastication est la première étape digestive, il est évident que la dentition doit être régulièrement suivie par un dentiste équin afin de prévenir les problèmes bucaux-dentaires, et donc l’apparition de troubles alimentaires (difficultés à mâcher causées par x ou y raisons entraînant une perte de poids, etc.).
L’œsophage joue le rôle d’ascenseur en remontant la nourriture vers l’estomac. Constitué pour se nourrir au sol, la distribution de concentré dans des mangeoires placées à hauteur est problématique pour le cheval parce qu’elle développe entre autres, l’atrophie des muscles œsophagiens et augmente le risque d’obstructions.

L’estomac
L’estomac est comme un gros sac, il se charge de liquéfier l’alimentation (il n’assimile pas les nutriments) au fur et à mesure que le cheval mange, il est donc petit, car il est conçu pour traiter une petite quantité d’aliments à la fois. Le problème avec la ration c’est que l’estomac se retrouve plein et lourd d’un seul coup, et surcharger l’estomac est risqué. Chaque repas devrait donc être calculé en poids (et non en volume), puisque les aliments n’ont pas la même densité volumétrique, ni le même poids (pensez par exemple à votre sac de vos courses). Ainsi, pour un cheval de 500kg, la ration totale ne devrait pas excéder 1,8kg.
La nourriture y reste en moyenne 15 min avant d’être poussée vers l’intestin grêle.
Rappelons que le système digestif équin ne comporte pas de « start and stop », raison pour laquelle le cheval est dépourvu de vésicule biliaire et sécrète de la bile en continu (jusqu’à 34 litres d’acides gastriques par jour pour un cheval adulte). La privation de nourriture est donc un facteur aggravant d’ulcères gastriques.

L’intestin grêle
L’intestin grêle est composé du duodénum, du jéjunum, et l’iléon. La digestion commence véritablement lorsque les aliments liquéfiés par l’estomac arrivent dans l’intestin grêle lesquels transitent durant 60 à 90 minutes. Grâce aux enzymes secrétées par le pancréas, l’intestin grêle digère et assimile le sucre, l’amidon, les protéines, la graisse, les vitamines liposolubles (A, D, E et K), le calcium et le phosphore. La quantité de concentré, le type d’alimentation et le niveau d’activité physique sont des facteurs influents sur le transit de l’intestin grêle.

En ce qui concerne le sucre, les besoins journaliers en glucides sont majoritairement couverts par l’herbe, le foin, et si besoin par le concentré. Aujourd’hui, de plus en plus de chevaux sont surexposés à ces sources de sucre et risquent de développer surpoids (voire de l’obésité), insulinorésistance ou épisodes de fourbure.
Dans la famille du sucre, il y a l’amidon, un glucide complexe que l’on trouve majoritairement dans les céréales (l’avoine en contient 50%, le maïs 70%). Le problème réside dans sa digestibilité, pour ce faire le cheval a besoin de l’amylase, une enzyme sécrétée par le pancréas, mais qui n’est produite qu’en petites quantités (le cheval n’étant pas constitué pour manger de grosses quantités de graminées, autrement dit de céréales). Ainsi, lorsque le seuil « d’amidon digestible » est dépassé, les grains non-digérés parviennent ensuite jusqu’au gros intestin lequel n’est pas prévu pour les digérer. Cette perturbation augmente le risque de troubles digestifs (gaz, colique…) et de fourbure. Il est donc crucial de déterminer l’utilité d’un aliment concentré (en règle générale, seuls les athlètes sont concernés), de fractionner les repas et de fournir un régime adapté et personnalisé.

Le gros intestin
Le gros intestin est composé du caecum, du côlon ascendant, du côlon descendant et du rectum. Il sert de cuve de fermentation pour la digestion des fibres (dont l’intestin grêle est incapable) : c’est là que les aliments transitent le plus longtemps, de 36 à 48 heures. Les enzymes produites par les micro-organismes présents dans le gros intestin transforment les fibres en acides gras volatiles puis en énergie. Sans cette relation symbiotique avec ces micro-organismes, le cheval ne pourrait effectuer cette phase digestive.
L’eau est également assimilée par le gros intestin et se charge en même temps du bon passage des aliments (le manque d’eau est donc facteur de colique).
Les déchets produits sont conduits dans le côlon et sont transformés en boulettes fécales, évacuées ensuite par le rectum et l’anus.

Les fibres sont digérées et assimilées par le gros intestin.
Les fibres sont digérées et assimilées par le gros intestin.

Conclusion
Nos stratégies alimentaires doivent être centrées sur la bonne compréhension du système digestif du cheval, un environnement vivant et très fragile.

Pour aller plus loin :

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12 réflexions sur “La digestion du cheval

    1. Bonjour,

      Cela dépend de votre aliment, des préconisations de la marque et des besoins réels de votre cheval. Je ne peux donc vous répondre, mais vous pouvez contacter un nutritionniste pour qu’il vous aiguille dans vos recherches.

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  1. Un très bon article! Moi qui m’intéressait à la digestion du cheval, cet article a répondu à certaines de mes questions et m’a appris beaucoup de chose que j’ignorais! Merci à vous pour le travail fait!

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  2. Bonjour.
    Cet article très bien documenté et est un très bon rappel pour certains et très instructif pour d’autres.
    Il n’est jamais anodin de nourrir un animal quel qu’il soit et un peu de connaissances sur l’appareil digestif permet de mieux comprendre pourquoi un équilibre alimentaire est important.

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  3. C’est article m’a beaucoup appris, encore merci. Connaîtriez vous quelqu’un en Belgique vendant de la Dodson ou une autre alimentation qualitative et sans OGM?

    Merci d’avance =)

    C.Godenne

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    1. Oui je l’ai lu, (aussi intéressant que tous les autres d’ailleurs =) )c’est pourquoi je vous demande si vous connaissez une marque belge produisant une nourriture de qualité et sans OGM, car, a moins que je ne me trompe ou que quelque chose m’ai échappé, vous mentionnez la France, le Canada, les Etats Unis et l’Australie? =) Nous avons Cavalor, Aveve, et Pavo, mais je doute que celles ci remplacent les marques que vous avez mentionné dans cet article:  » https://demivolteface.wordpress.com/2013/11/19/alimentation-sans-ogm » malheureusement =( Peut être en connaissez vous une meilleure en Belgique ou peut être un endroit pas trop loin de la frontière France/Belgique ou je pourrais commander?

      Merci d’avance =)

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    2. Alors oui dans ce cas, j’ai modifié l’article sur les OGM en précisant qu’il s’agit du lieu de fabrication et que certaines de ces marques ont des points de vente à l’étranger.

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  4. Bonjour, c’est ma première intervention ici juste pour vous dire qu’étant étudiante en nutrition animale et me spécialisant en nutrition équine je suis plus que ravie de voir fleurir un peu partout des articles sur la nutrition c’est une belle avancée pour nos chevaux de prendre conscience petit à petit de ce que devrait être leur alimentation =)

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