Des stratégies pour nourrir les « hard keepers »

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Cet article ne substitue pas aux conseils de votre vétérinaire ou d’un nutritionniste, contactez-les en cas de doute.

Hard keeper ?
Contrairement aux easy keepers qui sont sujets à la prise de poids facile, les hard keepers eux, ont des difficultés à maintenir un poids optimal.
Avant tout, mon cheval est-il maigre ? Voici les outils qui permettront de l’estimer :

Une cause sous-jacente possible
De par la nature de son métabolisme, il arrive qu’un cheval puisse difficilement prendre du poids, mais il ne suffit pas d’augmenter la nourriture ; il peut y avoir une ou plusieurs causes sous-jacentes comme :

  • une alimentation inadaptée/insuffisante et éventuellement couplée à une activité physique trop intense : la quantité de fourrage distribuée est très souvent sous-évaluée,
  • une carence vitaminique et/ou minérale,
  • l’âge : en vieillissant, la masse musculaire diminue (il ne s’agit donc pas toujours d’un véritable amaigrissement) et l’organisme assimile moins bien les nutriments,
  • une maladie : à déterminer avec un vétérinaire,
  • des problèmes buccaux-dentaires : la mastication est la première étape digestive, des problèmes buccaux-dentaires peuvent empêcher le cheval de se nourrir correctement. Pour les prévenir, le minimum est de programmer une visite annuelle avec un dentiste équin,
  • un parasitisme élevé : en d’autres termes, c’est le parasite qui se nourrit, pas le cheval,
  • des ulcères gastriques : la privation de nourriture et le stress augmentent le risque d’ulcères gastriques dont souffrent 50 à 90% des chevaux,
  • un mal-être, une dépression : vie isolée en box, un travail inadapté voire douloureux, une nervosité, un bouleversement…,
  • un problème d’ordre énergétique : seul un praticien énergétique (shiatsu, acupuncture, ostéopathe etc.) en déterminera les causes. Nous rappelons que certaines de ces professions ne sont pas reconnues et qu’il y a donc un fort risque de charlatanisme.
Une vie isolée est source de mal-être, de stress et peut influer sur la prise de poids.
Une vie isolée est source de mal-être, de stress et peut influer sur la prise de poids.

Prudence
Les recommandations qui suivent ne se substituent pas aux conseils d’un vétérinaire. Lorsqu’un cheval est anormalement maigre, il n’y a de rien de pire que de jouer aux apprentis sorciers ! Dans l’intérêt du cheval, mieux vaut élaborer un plan alimentaire avec son vétérinaire ou son nutritionniste. Il est également judicieux de réaliser un bilan sanguin en amont afin de cibler d’éventuelles carences et d’adapter l’alimentation.

Les stratégies alimentaires
Afin d’avoir un ordre d’idée, voici quelques chiffres concernant les besoins caloriques d’un cheval de 500 kilos :

  • vie sédentaire : 15200 kcal ;
  • travail modéré : 16700 kcal ;
  • travail intense, nervosité : 18200 kcal.

Voici les principales stratégies pour faire prendre du poids à un cheval :

  • augmenter la quantité de fourrages. Lorsque le cheval vit en box et que la distribution de foin est fractionnée, il est intéressant d’opter pour des filets à foin (tous les chevaux sont concernés) qui ont plusieurs avantages comme occuper le cheval, réduire le stress lié à la privation de nourriture, réduire le risque d’ulcères gastriques, meilleure assimilation du foin. Lorsque le cheval vit au pré, il faut vérifier que celui-ci accède bien au foin sans chahuts de la part de ses congénères,
  • augmenter l’apport énergétique par la graisse, l’huile de colza a un assez bon rapport oméga-3/oméga-6, à ajouter par cure de 4 à 6 semaines (un verre de moutarde pour un cheval, moitié moins pour un poney),
  • couvrir les besoins en vitamines et minéraux, soit par l’ajout d’un CMV, soit par la distribution d’un concentré,
  • si un besoin en protéines : tourteau de soja non OGM ou luzerne (convient bien aux chevaux ulcéreux). Attention à surveiller les crottins : des crottins liquides et foncés signifient qu’il y a un apport excessif en protéines. Attention également au rapport phosphocalcique de la ration,
  • couvrir le cheval si les conditions climatiques sont difficiles afin de limiter ses pertes énergétiques et de puiser dans ses faibles réserves,
  • dans les compléments alimentaires intéressants, on peut choisir d’administrer des probiotiques.

Enfin, toute transition alimentaire doit être progressive : le microbiote intestinal est sensible aux changements alimentaires. Surveillez la qualité des crottins :

  • type crottes de lapin : signe d’un manque d’ingestion (dents ? foin ?),
  • liquides : suractivité fermentaire dans le gros intestin et une accélération du transit,
  • type bouse : apports excessifs en protéines,
  • liquides et clairs : excès en céréales (risque de fourbure et de colique).

Ce qu’il ne faut pas faire : augmenter la densité des rations et faire preuve d’impatience, la remise en état d’un cheval est longue. La clé du succès est d’observer son cheval.

Pour aller plus loin :

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