Quelques conseils pour analyser les aliments concentrés pour chevaux

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Mise à jour : novembre 2015

Cet article donnera les grandes lignes pour choisir un concentré, il convient d’appliquer ces conseils au cas par cas. Ces conseils ne se substituent en aucun cas à ceux de votre vétérinaire ou de votre nutritionniste, contactez-les en cas de doute.

Parce qu’il n’est pas toujours évident de concocter sa propre popote, on peut choisir de se tourner vers un concentré. Mais avant toute chose, votre cheval en a-t-il besoin ?

Le concentré est-il nécessaire ?
Beaucoup de chevaux souffrent de rations déséquilibrées : pas assez de fourrages et trop de concentrés. Cette pratique n’est pas seulement mauvaise, elle comporte aussi des risques : surpoids, carences, ulcères gastriques, colique, stress… Aujourd’hui, nous savons nourrir la majorité des chevaux simplement avec du fourrage et un complément minéral vitaminé, que le cheval soit régulièrement entraîné ou non. Le véritable usage du concentré ne devrait être réservé qu’aux athlètes, mais il est tout à fait possible de nourrir son cheval avec un concentré, à condition qu’il ne soit pas choisi au hasard.
La première fonction du concentré est de fournir les besoins journaliers en vitamines et minéraux, il peut dans un second temps être une source énergétique supplémentaire pour le cheval. Le choix du concentré dépendra donc notre stratégie alimentaire définie avec le nutritionniste ou le vétérinaire… mais aussi de notre portemonnaie : sur le plan financier un CMV s’avère plus économique qu’un concentré.

Généralités
Un bon concentré ne doit pas contenir des OGM et doit être préparé à partir d’aliments sains et de qualité. Préférez des céréales cuites qui sont plus digestibles et plus assimilables (floconnage, torréfaction…), évitez la paille de luzerne si le cheval a des difficultés à mastiquer, et évitez de trop grandes sources d’oméga-6 qui favorisent l’inflammation. Sauf pathologie particulière, à partir du moment où vos exigences vont vers un aliment :

  • fait à partir d’une composition simple,
  • dont le taux d’amidon est raisonnable,
  • ne présentant pas un taux de sucre excessif,
  • contenant des protéines de hautes qualités,
  • bien équilibré sur le plan des vitamines et minéraux,

vous constaterez qu’elles vont drastiquement balayer une bonne majorité des aliments du marché. A la fin de vos recherches, il ne restera que quelques élus.

Exemples de compositions d’aliments avec céréales

Marque A
45 % d’avoine noire, 30,5 % d’orge (grillé et laminé), 10 % de granulés de son d’avoine, 5 % de maïs (soufflé et laminé), 4 % de graines de tournesol, 2 % de mélasse de betterave sucrière, 0,50 % de concentré de topinambour.

Les moins : le son de riz aurait été préférable au son d’avoine (déjà présente), présence de mélasse, mais cela reste raisonnable. Dans l’ensemble c’est une composition intéressante.

Marque B
Flocons d’orge, flocons de maïs, luzerne hachée, pommes séchées, sirop de pomme, mélasse de betteraves sucrières, son de blé, son d’avoine, mélange d’huile de graines (de lin, de tournesol, de fenouil, de cumin noir) 2,8%, mélange d‘huile (de lin, de tournesol, de germes de maïs) pressée à froid 2,6%, fines herbes (coriandre, sauge, menthe poivrée, fenouil, marjolaine), 2,5%, pulpe de betterave, germes de maïs, carbonate de calcium (marine et d’origine minérale), peaux de raisin, sel, extrait de pépins de raisin, levure de bière, germes de blé, farine d’algues de mer, mélange de levure de bière et de malt, germes d’orge, ail, protéine de pois, acetate de magnésium, sulfate de magnésium, vinaigre de fruits.

Les moins : une dose de sucre assez élevée, des plantes dont de l’ail, de la levure de bière, et des algues (et du carbonate de calcium d’origine marine) qui ne conviendraient pas aux régions proches de la mer. On aurait préféré du son de riz plutôt que du son de blé et d’avoine, plus intéressant d’un point de vue nutritionnel. De manière générale, la composition aurait pu être simplifiée.

Globalement : il est préférable de choisir des compositions simples et neutres qui comprennent des céréales cuites. Il vaut mieux éviter le blé et préférer le son de riz quand il est présent.

Exemples de compositions d’aliments sans amidon de céréales
Voici quelques exemples de compositions, les aliments de base étant bien choisis, nous nous attarderons que sur les « moins ». Notons qu’il est difficile de choisir un aliment parfait, il faudra évaluer le meilleur compromis.

Marque A
Herbe hachée séchée à l’air chaud (hypoglycémique), pulpe de pomme, fibres de betterave à sucre, germes de blé, graines de lin, huile de tournesol et de lin pressée à froid, sirop de pomme, herbes (camomille, romarin, coriandre, graines de fenugrec), luzerne hachée, levure de bière, son de blé, mélasse de betterave sucrière, extrait de pépins de raisin, sel de mer, germes de maïs, protéines de petits pois, farine d’algues marines, carottes, ail.

Les moins : une composition assez sucrée, présence d’ail, de plantes et d’algues.

Marque B
37,8 % de luzerne (séchée à l’air chaud) / fourrage vert déshydraté, 16 % de son de riz stabilisé, 11 % de tourteaux de lin, 10 % de graines de tournesol, 10 % de fibres de betteraves sucrières, 5 % de graines de lin, 5 % d’huile de soja (naturelle), 2,2 % de concentré de topinambour.

Les moins : l’ensemble est riche en graisse (son de riz + graines + huiles), mais la composition est bien réalisée. La proportion d’oméga-6 n’est pas gênante si le cheval à un accès à l’herbe fraîche et au foin.

Marque C
48,5 % pousses de prairies permanentes, déshydratées et pressées, 28 % plantes de maïs pressées, 5% marc de fruit (pomme), 4 % foin de luzerne, 4 % huile végétale de colza raffinée, 3 % carottes (déshydratées + coupées en dés), 1,5 % flocons d’ail, 1 % pulpe de betteraves mélassée, 1 % carbonate de calcium, 0,5 % chlorure de sodium, 0,5 % levure de bière.

Les moins : le maïs est une céréale traitée aux pesticides et autres engrais, mieux vaut l’éviter. Un peu de sucre, mais surtout beaucoup trop d’ail. Cet aliment n’est pas très riche, il se présente davantage comme un CMV.

Marque D
54,1 % farine de luzerne, 10,4 % marc de fruits (pommes) (séchée), 10,2% son de riz, 10 % foin de luzerne, 3,9 % tourteau d’extraction de graines de lin, 3 % caroubes (concassés), 0,1 % lait entier en poudre, 2,3 % graines de tournesol, 2 % huile de chardon Marie, 1,4 % mélasse de sucre de canne, 1 % carbonate de calcium , 0,9 % carottes (séchées), 0,5 % chlorure de sodium, 0,1 % artichaut, 0,1 % pissenlit, 0,1 % feuilles de gingko, 0,1 % feuilles d’aubépine, 0,1 % chardon-Marie.

Les moins : sucre, lait entier (il semble mal placé dans la liste, erreur ?), plantes.

Globalement : il faut déterminer l’objectif de la ration : source énergétique ou simple CMV ? Si l’objectif est énergétique, optez plutôt pour des compositions simples, mais plus grasses qui comprendront plus de matières premières de qualité, car vous en donnerez au final moins qu’une ration contenant beaucoup de « déchets » industriels et des sous-produits de meunerie, et sur le plan nutritionnel, ce sera plus intéressant.

Les grandes lignes pour les chevaux atteints d’insulinorésistance

  • nourrir avec un foin contenant -12% de glucides,
  • fournir des oméga-3, car ils agissent dans la régulation de l’insuline,
  • selon les besoins, inclure de la luzerne (10 à 20% du foin),
  • ne pas négliger l’apport d’un CMV même si le cheval est en surpoids,
  • faire de l’exercice.

Les vieux chevaux
Choisissez un aliment pauvre en amidon et/ou pauvre en sucre, contenant :

  • des protéines de haute qualité (12 à 14% de protéines),
  • 5 à 10% de graisses (suivant le poids),
  • au moins 15% de fibres,
  • des vitamines B et E,
  • appétissant et facile à mâcher.

Bibliographie :

  • Juliet Getty, Feed Your Horse Like a Horse: Optimize Your Horse’s Nutrition for a Lifetime of Vibrant Health, Dog Ear Publishing, 2009
  • Roger Wolter, Alimentation du cheval, France Agricole, 2014
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4 réflexions sur “Quelques conseils pour analyser les aliments concentrés pour chevaux

  1. Auriez vous des axes plus précis pour faire ses propres rations?
    Je recherche des aliments sans céréales mais bien souvent ils sont soit pas équilibrés soit trop chers…
    Merci

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    1. Non malheureusement, je ne peux vous donner plus de détails, car je ne suis pas nutritionniste. Bon courage dans vos recherches, et n’hésitez pas à consulter les références bibliographiques citées.

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  2. Article très intéressant et que je partage! Qui pourrait faire comprendre à de nombreux gérants d’écurie tous les problèmes dont les chevaux souffrent à cause de l’alimentation. Deux bémols cependant: le rapport phospho calcique de l’avoine n’en fait pas une bonne céréale pour les chevaux, il vaudrait mieux lui préférer l’orge, et la pulpe de betterave a un intérêt nutritionnel limité. Je pense qu’elle est « à la mode » car l’agriculture intensive de la betterave sucrière doit se débarrasser de ses déchets.

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  3. D’accord avec vous sur les compléments alimentaires. Il faut effectivement faire très attention et essayer de trouver l’équilibre afin d’éviter les risques de surdosage puisque la nourriture des chevaux contient déjà des vitamines et des minéraux.

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