La fourbure, un symptôme


Nom anglais : laminitis
Nom français : fourbure, pododermatite aseptique diffuse

La fourbure
La fourbure est la deuxième cause de mortalité, derrière la colique. Elle n’est liée pas aux problématiques du mode de vie moderne ; elle serait même apparue avant la prédomestication. Une étude récente donne des chiffres glaçants : un tiers des chevaux sont euthanasiés dans les 12 mois (étude réalisée sur une population de chevaux vivants au Danemark). Une autre indique que 10% des chevaux ont un épisode de fourbure chaque année.
La fourbure signifie littéralement inflammation des lames (d’où le terme de laminitis en anglais). Les lames sont des couches de cellules de peau modifiées qui agissent comme des amortisseurs lorsque le cheval se déplace. L’inflammation cause des lésions qui peuvent, dans les cas graves, provoquer le basculement de l’os. Elle peut toucher un ou plusieurs pieds, mais généralement elle est localisée sur les antérieurs.
Elle est aujourd’hui considérée comme secondaire à une maladie plus générale dont les facteurs ne sont pas entièrement connus.

La fourbure a des causes multiples :

  • liée à des endotoxines : surcharge glucidique (sucres et amidon), surcharge en azote, coliques graves, résistance à l’insuline, herbe givrée, bactéries,
  • pour des raisons mécaniques : fourbure d’appui ou statique (le cheval blessé soulage un de ses membres créant une forte compression), surmenage sur un sol dur, contact avec un sol très froid ou très chaud,
  • d’ordre complexe : cushing, syndrome métabolique équin, rétention du placenta après le poulinage, produits agrochimiques (herbicides ou engrais à base de nitrates).

L’absorption d’eau glacée ne cause pas de fourbure, mais accroît le risque de colique.

Reconnaître une fourbure et la gérer
La fourbure comporte trois phases :

  1. la phase de développement : cette phase passe généralement inaperçue par les propriétaires parce qu’elle ne comporte pas de boiterie,
  2. la phase aiguë : détection des premiers signes, elle dure entre 24 à 72 heures, avec des séquelles plus ou moins graves,
  3. la phase chronique : le cheval ne récupère pas complètement (boiterie, douleur persistante), c’est une période longue qui peut durer des mois, des années voire une vie entière.

La fourbure est une urgence vétérinaire dont les signes cliniques peuvent être :

  • du piétinement,
  • une réticence ou incapacité de marcher,
  • une augmentation du rythme respiratoire et cardiaque,
  • une report de poids sur l’arrière-main pour soulager les antérieurs,
  • des pieds chauds,
  • un cheval couché qui ne veut pas se relever.

Traitements :
Il existe plusieurs traitements pour réduire l’inflammation et soulager la douleur dont certains sont controversés, mais ce qui semble fonctionner sont :

  • la cryothérapie : l’eau glacée ou des glaçons semble soulager la douleur,
  • le drainage lymphatique qui permet de limiter la réponse inflammatoire,
  • un rééquilibrage du pied.

Prévention
Identifier les facteurs en amont de la fourbure permettra de mieux la prévenir comme l’insulinorésistance, le syndrome cushing ou le SME.
Concernant la nutrition, le principal est de conserver une alimentation équilibrée, réduite en sucres et équilibrée en vitamines et minéraux.
Concernant le pâturage, s’il n’y a pas d’autre choix : il est préférable d’équiper le cheval d’un panier de régime, de ne pas le laisser sur de l’herbe courte et de faire un pâturage au fil.