Reconnaître et prévenir le syndrome métabolique équin (SME)

Un chignon gras est potentiellement un signe d’insulinorésistance.

Nom anglais : Equine Metabolic Syndrome (EMS)
Nom français : Syndrome Métabolique Equin (SME)

Le syndrome métabolique équin

Le SME est un trouble métabolique et hormonal.

C’est une maladie encore méconnue, les recherches semblent indiquer qu’elle serait d’ordre génétique et qu’elle affecterait certaines races de chevaux et de poneys plutôt que d’autres, notamment les chevaux ibériques, les quarter horses, les chevaux de sang européens et les poneys.

Les signes cliniques majeurs

Les principaux signes cliniques d’un cheval touché de SME :

  • adiposité : dépôts de graisse, notamment localisés sur l’encolure (cresty neck), les épaules, le dos, au-dessus des yeux, autour de la tête de la queue,
  • insulinorésistance,
  • fourbure, c’est une inflammation des lamelles (d’où le terme de laminitis en anglais) qui peut causer des lésions et entraîner le basculement de la phalange.

Signes externes de SME.
Signes externes de SME.

Le principal danger : la fourbure

Une étude récente donne des chiffres glaçants : un tiers des chevaux sont euthanasiés dans les 12 mois (étude réalisée sur une population de chevaux vivants au Danemark). Une autre indique que 10% des chevaux ont un épisode de fourbure chaque année.

Les signes cliniques de la fourbure :

  • du piétinement,
  • une réticence ou incapacité de marcher,
  • une augmentation du rythme respiratoire et cardiaque,
  • une report de poids sur l’arrière-main pour soulager les antérieurs,
  • des pieds chauds,
  • un cheval couché qui ne veut pas se relever.

Les traitements qui peuvent aider en cas de crise de fourbure :

  • la cryothérapie : l’eau glacée ou des glaçons semble soulager la douleur,
  • le drainage lymphatique qui permet de limiter la réponse inflammatoire,
  • un rééquilibrage du pied.

Prévention

La prévention passe principalement par le maintien d’un poids optimal, donc par l’alimentation et l’exercice.

Il faut viser à supprimer les sources de sucre et d’amidon : herbe, céréales, pommes, friandises industrielles…

Il est essentiel de collaborer avec un·e nutritionniste équin afin de rééquilibrer l’alimentation du cheval malade.

Préconisations alimentaires :

  • préférer un foin trempé ou tardif afin de réduire le taux de sucre,
  • complémenter en acides aminés essentiels, surtout si le pied est fragilisé,
  • complémenter en oméga-3 qui sont des anti-inflammatoires naturels,
  • complémenter en vitamines et minéraux.

Si le cheval a encore accès l’herbe, plusieurs possibilités : l’équiper d’un panier de régime, instaurer un pâturage au fil, mettre en place un système d’equi-pistes (paddock paradise).

Enfin limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens, récemment pointés dans une nouvelle étude.

Attention pour faire maigrir un cheval trop gros, la solution n’est pas de le faire jeûner, le cheval n’est pas fait pour ça. Le jeûne augmente considérablement le risque d’ulcères gastriques, d’ennui et de stress.