Les céréales dans l’alimentation du cheval : intérêts et risques

Que faut-il penser des céréales ? Sont-elles intéressantes sur le plan nutritionnel ou faut-il au contraire les bannir de l’alimentation du cheval ?

Cet article ne substitue pas aux conseils de votre vétérinaire ou d’un·e nutritionniste, contactez-les en cas de doute.

Si nous devions faire un constat sur beaucoup de pratiques alimentaires équines actuelles, nous dirions :

  • que beaucoup de chevaux ne disposent pas de fourrages à volonté et que l’on complète cette carence par des céréales,
  • que l’on distribue des céréales par habitude, sans avoir fait un calcul de ration,
  • que beaucoup de chevaux souffrent de problèmes digestifs : diarrhée, ulcère gastrique, colique.

Pour nourrir correctement son cheval, il faut aussi comprendre son anatomie digestive.

Le cheval a une particularité plutôt inédite par rapport à notre environnement familier qui compte le chien et le chat : c’est un herbivore mono-gastrique dépourvu de vésicule biliaire. Il n’a pas besoin de vésicule parce qu’il mange tout au long de la journée. Ce qu’il faut donc retenir c’est que le cheval ne fait pas de repas.

Une particularité qui démontre cela : la taille de l’estomac, c’est un petit organe chez le cheval.

Loisir ou compétition, tous les chevaux ont le même fonctionnement digestif et requièrent les mêmes attentions.

Ce que l’on reproche aux céréales

Les céréales sont des graminées qui sont présents naturellement dans l’alimentation du cheval. C’est pour cette raison que l’on ne peut pas vraiment parler de régime sans céréale, car les fourrages verts ou séchés en contiennent par défaut.

Les céréales ont l’avantage de fournir beaucoup de calories au cheval grâce à deux composants : les glucides et l’amidon. Ces deux sucres sont ensuite transformés en glucose afin d’alimenter l’organisme du cheval en énergie.

Mais les régimes riches en céréales ont aussi des inconvénients.

Les régimes élevés en sucres entraînent des pics de glycémie qui sont des accélérateurs inflammatoires : problèmes de pied, surpoids voire obésité, problèmes ostéo-articulaires, troubles cardiaques, problèmes de fertilité…
A long terme, plus le cheval est exposé à un état inflammatoire, plus il risque d’être atteint de syndrome métabolique équin ou de cushing.

L’autre inconvénient est que le cheval ne sait pas digérer des quantités élevés d’amidon.
Pour transformer l’amidon en glucose, le cheval a besoin d’une enzyme pancréatite : l’amylase. Mais c’est une enzyme qu’il produit en faible quantité puisque son système digestif est construit pour digérer en continu de petites quantités d’aliments.

Quand le seuil de digestibilité est franchi, les excédents non digérés transitent directement vers le gros intestin et perturbent l’équilibre du microbiote intestinal ce qui provoque, gaz, crottins mous et potentiellement des coliques.

Quelle est la dose maximale ? Les recommandations tablaient autour de 200 g d’amidon / 100k g PV / repas, mais les études récentes suggèrent plutôt de ne pas dépasser 100 g d’amidon/100 kv PV par repas.

La forte concentration en sucres et amidon a aussi des effets potentiellement néfastes sur la santé ostéo-articulaires des poulains (risque d’ostéochondrose ou OCD).

Les repas concentrés en céréales augmentent aussi le risque d’ulcères gastriques.

L’amidon semblerait aussi affecter affecte aussi la réponse au stress des chevaux.
Dans une récente étude, un groupe de 6 chevaux ont été nourris avec deux régimes alimentaires. Le premier régime 100% foin, le second 57% et 43% d’orge.
Les chevaux ont ensuite subi deux tests, un de sociabilisation et un autre par stimulus (placement d’un nouvel objet). Les chercheurs ont noté que la durée des comportements de vigilance était plus élevée et corrélait avec le second régime. L’amidon peut donc affecter le comportement.
SOURCE : TheHorse

Une autre étude a également montré que les chevaux ayant un régime bas en amidon se comportaient mieux.
SOURCE : TheHorse

Avec ou sans céréales ?

Quand on établi un plan alimentaire, il faut savoir pourquoi on utilise telle source, comment et en quelle quantité.

Un régime riche en céréales ne peut pas contrebalancer un régime déficit en fourrages. C’est le type de régime qui expose le cheval à des problèmes de santé.

Comme nous l’avons dit plus haut, l’intérêt principal des céréales c’est leur apport énergétique. Une complémentation en céréales peut donc être envisagée quand le cheval ne couvre pas ses besoins énergétiques seulement avec du fourrage. Il s’agit donc plutôt des chevaux pratiquant une activité intense, donc des chevaux athlètes.

Les chevaux travaillant peu ou moyennement n’ont souvent pas besoin d’une complémentation céréalière. Ils peuvent être nourris avec du fourrage et une complémentation en protéines, vitamines et minéraux.

Conclusion

Les céréales constituent une source d’énergie intéressante qui cible principalement les chevaux de sport.

L’utilisation des céréales doit être calculée : l’apport en fourrages doit constituer le socle dans la pyramide alimentaire du cheval et le taux d’amidon doit être contrôlé.

Pour les chevaux concernés, il est également possible d’envisager des modes de distribution lents comme le Pipolino. Cette distribution lente améliore l’assimilation, réduit le risque de troubles gastro-intestinaux et de troubles du comportement.

La base de tout : le foin !