Mains de fer dans un gant de velours : fluide, contact, appui, résistance…

Photo : Sur les deux photos de cet article, on peut voir un cheval fermé par derrière et rond sans contact sur les rênes. C’est de cet l’équilibre que sont nés cette rondeur et cet engagement.

Nous utilisons notre corps pour communiquer avec nos chevaux ; j’aime parler d’outils de communication. La main est l’un de ces outils, en interaction directe avec la bouche du cheval : le cavalier se doit d’être fin, précis et cohérent dans ses demandes, car de cet outil, beaucoup de choses seront transmises, pour le meilleur ou pour le pire !

La main outil, ô combien controversée dans ses différentes applications, utilisations.

Qu’entend-on à son sujet, contact, appui, tension… mais qu’y a-t-il derrière tout cela ?
Comment doit communiquer cette main, qu’est ce qu’une main savante ? Ne dit-on pas une main de fer dans un gant de velours ?
De mon point de vue, la main doit être l’un des outils qui mènera le cheval à un équilibre autonome, le rendant totalement disponible aux demandes les plus fines et discrètes de son cavalier.
Pour comprendre la main il faut comprendre, dans son ensemble, le but à atteindre dans l’éducation du cheval, de cela découleront les différentes visions de ce que doit être la main et de ce qu’on en fait.

Fluide
Une rêne fluide est une rêne que le cheval a quitté parce qu’il est en équilibre ! Elle épouse en quelque sorte l’harmonie dans laquelle le cheval se trouve à un instant T (plus ou moins long, plus ou moins stable) de son équilibre, de son fonctionnement. A ne pas confondre avec un cheval qui fuit son mors.

Le contact
Si je dois proposer une définition du contact par la main, ce serait une main qui établit un lien égal entre elle et la bouche, qui permet au cavalier de toucher la bouche du cheval, sans autre but que d’établir un lien, une présence.
Mon point de vue : on peut proposer un contact parfois, pour aiguiller le cheval. Dans tous les cas, cela doit toujours être entrecoupé d’un retour à l’équilibre pour le cheval, et donc d’un contact qui ne sera pas constant, durable sur plusieurs secondes, minutes !

L’appui
L’appui (souhaité, recherché, provoqué parfois par certains cavaliers) doit être vu à mon avis comme la conséquence du déséquilibre de notre cheval. C’est là que la main de fer dans un gant de velours prend sa naissance. La main vient apporter un soutien, un support au cheval à un moment où il en a besoin.
Mon point de vue : l’appui ne doit être que passager, il n’interviendra que lorsqu’il y a une perte d’équilibre. Le rôle du cavalier étant d’accepter cet appui tout en proposant un exercice (transition, épaule en dedans, reculer…) qui aidera le cheval à retrouver un équilibre autonome, en remobilisant ses hanches ! Un appui qui persiste est néfaste pour l’éducation du cheval, il renforce l’équilibre sur les épaules au lieu d’aider le cheval à développer ses points de forces, notamment la base d’encolure, l’arrière main, les abdominaux et le dos.

Il est à noter la notion de résistance en opposition aux mots : traction, tirer…

La résistance
Acte de résister en un point fixe, sans effet vers soi. Le mot résistance porte en lui l’indestructible, le solide, la stabilité : c’est tout là que réside sa puissance (à mettre en lien avec la posture du cavalier). Il n’est pas de résistance possible sans une posture, une position parfaite et maîtrisée.
Le fameux « main de fer dans un gant de velours » est une main qui résiste quand il y a appui, et qui cède lorsque le cheval se rééquilibre rompant de lui-même cet appui !
Il y a beaucoup de mots utilisés pour d’écrire une chose simple, la main se doit d’être fixe, car elle est un repère derrière lequel le cheval trouvera l’équilibre ; toute la magie de cela réside dans l’utilisation qu’en fait le cavalier, notamment où il décide de mettre cette limite en fonction du niveau d’éducation du cheval.
Petite remarque : chez les poulains, au tout début, je préfère monter sur des rênes longues, fluides c’est-à-dire avec une limite très éloignée afin qu’ils osent se porter en avant. Donc la main est fixe mais peu présente, et en aucun cas elle accompagne la tête du cheval en prenant un contact.

Il existe de très nombreux abus et dérives sur l’utilisation des embouchures, des enrênements ; en réaction à cela il est aussi à la mode de s’en détourner totalement (le hackamore, le side-pull, le bitless, le licol…).

En réalité, le débat de fond ne se pose pas là. Ce n’est pas l’outil mais bien la qualité de la main qui a son importance et les buts d’éducation du cheval visés. Si les choix du cavalier induisent le déséquilibre, la traction… l’équitation, même pratiquée sans embouchure, mènera le cheval dans un fonctionnement ne lui permettant pas de porter son cavalier avec toutes ses forces !

Je me dois après tout cela de vous rappeler qu’un cheval se construit en commençant par l’arrière main, c’est simple à dire, mais au quotidien je suis forcée de voir comme c’est si peu compris.

Même si cette partie mériterait à elle toute seule des dizaines d’articles, imprégnez-vous de ses derniers mots : Il faut fermer le cheval par l’arrière, avant qu’il ne vienne de lui-même s’arrondir dans l’équilibre et la légèreté !

Sur le même sujet :

Le site d’Isa Danne : isadanne.com

14 commentaires sur « Mains de fer dans un gant de velours : fluide, contact, appui, résistance… »

  1. Auriez-vous une photo et quelques commentaires supplémentaires pour développer sur « je préfère monter sur des rênes longues, fluides » (poulain) donc pas de contact?

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  2. Bonjour,

    Je découvre votre blog avec beaucoup de plaisir, merci pour ce travail.

    Il y a quelques questions pour lesquelles je n’ai pas trouvé de réponse. Par exemple, dans le cas d’un cheval long pour lequel l’engagement des postérieurs et l’abaissement des hanches sera très long à obtenir, comment éviter qu’il ne se creuse et se muscle à l’envers, dans l’attente de la musculation de l’arrière ?

    Et deuxième question, a-t-on en France un référencement des pratiquants de l’équitation classique ?

    Bien à vous

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    1. Bonjour,

      Merci pour votre avis !

      Les dos longs ne sont pas plus difficiles que les dos plus courts, il faut dans tous les cas les assouplir et les rendre plus forts. Mais un dos long n’est pas forcément plus faible que les autres dos.
      Il faut compter sur les travaux de deux pistes reculer et surtout tout ça dans un bon équilibre (pas d’extension d’encolure car ça ouvre le rein et contribue à l’affaiblir). Ce sont de longues heures de travail patient d’assouplissements et de renforcements musculaire, dans la lenteur et l’impulsion. Il faut travailler l’engagement latéral provoqué par les travaux de deux pistes pour ensuite quand on les remet droit qu’ils puissent facilement passer les postérieur sous eux, car les hanches plus souples vont être capable de s’abaisser.
      Et en finalité, c’est l’association de l’équilibre et de l’impulsion qui permettent le bon fonctionnement du dos.

      Pour votre deuxième question : oui, Isa Danne. 😉

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  3. Merci pour cette réponse. J’aurais plaisir à faire un stage avec Isa Danne mais pour la diffusion de ses principes, il faudrait qu’elle ne soit pas toute seule 🙂

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    1. Il existe sûrement d’autres personnes, mais connaissant son enseignement et ses compétences je suis sûre de ne pas commettre d’erreur en ne citant qu’elle. 😉

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