Les ulcères gastriques équins : causes, diagnostic, traitements et prévention

Nom anglais : Equine Gastric Ulcer Syndrome (EGUS)
Nom français : Ulcères Gastriques Equins (UGEs)

Les Ulcères Gastriques Équins

Le cheval ne possède pas de vésicule biliaire, l’acide descend en continu vers son estomac. Le cheval produit 1,5 litre d’acide toutes les heures, soit environ 36 litres en 24 heures.

L’acide gastrique permet de dissoudre les aliments afin de les assimiler.
Problème : si l’estomac est vide, l’acide commence alors à attaquer les parois de l’estomac, c’est le premier stade de l’ulcère.

L’estomac est construit en deux parties :

  1. la muqueuse squameuse : située dans la partie haute, c’est la plus sensible aux éclaboussures acides. 60 à 80% des ulcères gastriques sont situées dans cette partie,
  2. la muqueuse glandulaire : située dans la partie basse de l’estomac qui est moins sensible, mais pas invisible à l’acide.

50 à 90% des chevaux sont touchés par des ulcères gastriques et certaines populations sont plus touchées que d’autres : jusqu’à 93% des chevaux d’endurance de haut niveau, jusqu’à 60% des chevaux de spectacle, 72% des chevaux de CSO, de dressage, de complet, de polo.

Le sevrage est une période critique, on estime que 25 à 50% des poulains développent des ulcérations pendant cette période de leur vie.

Les causes

Les causes d’ulcères gastriques sont diverses et bien connues :

  • la privation de nourriture : sans nourriture, l’estomac se remplit d’acide qui s’attaque alors aux muqueuses,
  • l’exercice l’estomac vide,
  • le stress : transport, compétition, sevrage…
  • le tic à l’air ou à l’appui (plus d’études doivent être réalisées à ce sujet),
  • l’administration d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) diminuent la couche de mucus qui protège les parois de l’estomac.

Signes cliniques et diagnostic

Les signes d’ulcères gastriques sont le plus souvent des signes subtils :

  • signes physiques : pelage terne, perte de poids, difficulté à prendre du poids, salivation excessive, crottins mous,
  • signes comportementaux : manque d’appétit, ennui, mauvaise humeur, irritabilité, changement d’attitude, couché pendant de longues périodes, grincements de dents, joue avec sa langue, mange vite,
  • signes au travail : diminution de la performance, réticence au travail, mauvaise condition physique.

La gastroscopie (ou endoscopie gastrique) permet un diagnostic fiable en cas d’ulcères gastriques.
Cet examen consiste à infiltrer une caméra par voie nasale, ce qui permet d’établir précisément le degré d’ulcération.
Le seul point négatif est qu’il se réalise sur un cheval à jeun (de 12 heures minimum), l’examen en lui-même représente donc un risque d’ulcère…

Traitements

L’oméprazole est la seule molécule validée dans le traitement des ulcères gastriques.

Le Relyne GI composé de polysaccharides et d’acide hyaluronique semblerait également être un traitement efficace.
Il y a encore peu d’études sur ce traitement, mais une étude indépendante a montré que 90% des chevaux de l’étude avaient guéris ou montraient d’importantes améliorations.

Il existe aussi des soutiens naturels pour prévenir et soulager, mais ils ne peuvent pas être considérés comme des traitements en tant que tels.

Dernier chiffre intéressant : 4 à 10% des ulcères se guérissent sans traitement.

Prévention

La première prévention est de distribuer du fourrage en quantité importante, au mieux en quantité illimitée.
L’accès au fourrage permet de garder l’estomac plein.

L’estomac se vide en 4 à 6 heures : il est donc important que le cheval dispose de suffisamment de fourrage, en particulier durant la nuit !
Pour augmenter le temps de mastication, le mieux est de distribuer le foin en filets.

Le fourrage est à distribuer avant la séance d’exercice afin de ne pas solliciter le cheval l’estomac vide.

La luzerne est un fourrage intéressante en prévention d’ulcères gastriques, car le calcium qu’elle contient permet de diminuer l’acidité gastrique. On peut donc l’envisager comme apport durant des périodes stressantes.

L’accès à l’eau est également essentiel, car boire est aussi un moyen pour ne pas que l’estomac se remplisse d’acide.
Il est important que le cheval puisse boire à volonté une eau propre et tempérée.

Les situations de stress telles que les compétitions, le transport, le sevrage doivent être correctement préparées afin de limiter l’apparition d’ulcères gastriques.

Le confinement au box doit être réduit au maximum. La vie en groupe et au grand air doit être privilégiée.

La prise d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens doit être limitée.

Et les chevaux sauvages ?

Les chevaux domestiques ne sont pas les seuls concernés par les ulcères gastriques, dans une étude portant sur 51 chevaux domestiques et 27 chevaux sauvages, les chercheurs ont déterminé que :

  • 22,2% des chevaux sauvages et 60,8% des chevaux domestiques avaient des lésions squameuses,
  • 29,6% des chevaux sauvages et 70,6% des chevaux domestiques avaient des lésions glandulaires.

Les chevaux sauvages semblent donc plus sujets aux ulcères situés dans la région glandulaires par rapport aux chevaux domestiques, et les chercheurs ne connaissent pas encore les causes  de cette surprenante différence.
SOURCE : TheHorse