La salle de bain slow

Je vous propose une série sur les solutions durables en matière de consommation responsable.

Je vais parler succinctement des différents problèmes liés à nos besoins d’hygiène.
Concernant ceux de la salle de bain :

  • l’utilisation de substances dangereuses pour la santé avec différentes conséquences possibles (accélération du vieillissement cutané, perturbateurs endocriniens, cancers…),
  • la pollution de l’eau par le rejet de substances polluantes (sulfates, microplastique, hormones…). Toutes ces substances ne sont pas artificiellement ou naturellement filtrables et ne disparaissent pas automatiquement, c’est-à-dire que la pollution se déplace ou se loge ailleurs : eau, sol, organismes vivants,
  • l’impact sur la biodiversité : on ne sait pas comment les ressources sont extraites (on cueille une plante, mais va-t-elle repousser ?) et on ne sait pas quelles conséquences ces extractions ont-elles sur la biodiversité (déforestation, déclin des espèces végétales et animales…),
  • la production de déchets en amont (extraction/production/transport) et en aval (destruction).

Maintenant, place aux solutions !

Pour le corps
Le gel douche se remplace par un savon à froid réalisé de manière artisanale (SAF).
Quand un savon est réalisé à froid, il garde ses propriétés hydratantes, la peau ne tiraille plus à la sortie de la douche, on n’a donc plus besoin de se couvrir de crème industrielle non plus !

Un déodorant à la composition saine remplacera facilement le déodorant du commerce.
Quelques gouttes d’huile essentielle de palmarosa peuvent aussi faire l’affaire. Sinon on trouve des recettes maison assez simples et économiques.

Concernant le gommage, on peut opter soit par du sucre blanc ou une brosse en bois et poils naturels.
Il existe plusieurs recettes home-made, mais je suis plutôt adepte des produits simples et basiques : le sucre blanc issu de la betterave est un produit local et bon marché, pas besoin d’aller chercher plus loin.

Pour les cheveux
La composition des shampoings conventionnels est scandaleuse : cheveux et cuir chevelu sont rarement en bonne santé. Une aubaine pour les industriels puisqu’ils ont justement développé tout un tas de produits : cheveux gras, cassants, pellicules, manque de volume, etc. En réalité on trouve la cause de ces problèmes dans leur bouteille (tensio-actifs, silicones, etc). Franchement, no comment !

En fait, ce qu’on paie surtout dans les produits cosmétiques industriels, c’est le flacon et le marketing. Les actifs ne composent qu’une infime partie de la composition, ce sont des produits chers par rapport à leurs promesses réelles.

Donc en guise de shampoing, je vous conseille aussi un SAF.

La transition vers le « naturel » est souvent plus longue pour les cheveux, à cause du silicone et autres produits qui y sont accumulés depuis des années. Il faut compter un bon gros mois de transition, dépendant de la fréquence de lavage.

En guise de soin : masque à l’huile végétale, huile essentielle, hydrolat…

Le choix de la brosse est aussi important, les matériaux synthétiques et certaines conception (picots à boule) cassent et fragilisent les cheveux. Les brosses en matériaux naturels sont mieux adaptées : bois, corne, soie de porc ou poils de sanglier.

Expérience personnelle : depuis que j’entretiens mes cheveux avec des produits sains, ils ne fourchent plus, ils sèchent plus vite et ont plus de volume. Je me suis donc séparée de mon sèche-cheveux.

Pour le visage
Pour nettoyer sa peau, là encore, un SAF est un excellent choix. Cependant, un simple rinçage à l’eau suffit souvent largement.

En guise de tonique, on peut utiliser un hydrolat. Il en existe de toute sorte.

Pour remplacer la crème hydratante, il y a l’huile végétale.
Il est déconseillé d’appliquer de l’huile végétale seule, car seule, elle se comporte comme un nettoyant. Pour éviter ça, on peut l’associer avec du beurre de karité (brut et équitable de préférence), de l’aloé vera ou un tonique.
Il existe moult huiles végétales, mais je déconseille l’utilisation d’huiles rares, puisqu’elles sont rares nous ne sommes pas garantis de préserver ces ressources naturelles (de même pour n’importe quel ingrédient en réalité).
N’hésitez pas à tester l’huile de tournesol (dont on parle malheureusement très peu), vous pourriez être surpris de ses effets. En plus d’être locale et bon marché, c’est une huile non comédogène.

L’association beurre de karité et huile végétale fait un excellent soin multifonction aussi bien pour les lèvres, les mains que le corps. 😉

Pour le maquillage
Les compositions du maquillage conventionnel contiennent quasi toutes une ou plusieurs substances potentiellement dangereuses pour la santé : allergènes, cancérogènes, perturbateurs endocriniens (PE), nanoparticules.

La solution ? Se tourner vers des marques aux compositions saines comme :

  • Avril
  • Boho
  • Couleur Caramel
  • Lily Lolo
  • Zao

Pour le démaquillage, il suffit d’appliquer une huile végétale. N’importe laquelle, du moment qu’elle est tolérée par les yeux. Vous pouvez ensuite utiliser une lingette lavable ou une serviette éponge dédiée à cet effet pour essuyer l’excédent.

Les accessoires

Jetable Durable
coton-tiges petit doigt, oriculi, coton-tiges en papier et coton bio (voire même équitable)
brosse à dents brosses à dents en bambou
coton démaquillant lingettes lavables ou doigts
lime à ongles lime à ongles en verre ou inox
rasoir rasoir en inox

La limite des produits home-made
On conseille souvent des alternatives faites-maison à la place des cosmétiques conventionnels. Pour certains, c’est une excellente solution, pour d’autres, ce n’est pas la panacée.

En matière de consommation, on peut se retrouver exactement dans le même schéma que le conventionnel, c’est-à-dire une surconsommation, car il est très facile de succomber à l’envie de tout tester ou aux promesses miraculeuses, d’autant plus quand tout cela est alimenté par des remises de fidélité.
Cela demande de l’espace, car il faut stocker toutes ces matières premières et gérer leur périssabilité.
Ce n’est pas une solution toujours rentable. Par exemple, dans une recette qui demande 5 gouttes d’un produit X, vous allez acheter un flacon de 15 ml. Vous devrez donc stocker ce surplus sans forcément trouver une autre recette avec lequel l’utiliser.
Il faut acheter du matériel spécial.
Il faut du temps et des connaissances pour les confectionner. Il y a aussi la perte liée aux ratés, des préparations et de l’argent qui finiront souvent dans la poubelle…

Cosmétique naturelle et exotisme : attention aux pièges
La cosmétique naturelle est souvent une porte ouverte à l’exotisme synonyme d’ingrédients venant de l’autre bout du monde.
Malheureusement, nous avons peu d’informations sur le mode de culture et de récolte concernant ces ingrédients. On ne sait pas non plus par qui et comment ils sont collectés.

C’est le cas avec la culture de la noix de coco implantée principalement en Indonésie. La collecte des noix se fait souvent à l’aide de petits singes dont l’espèce est menacée. Ces singes sont arrachés de leur famille et maltraités. Les travailleurs sont pauvres et restent pauvres malgré une demande mondiale toujours plus croissante.
Il faut environ 1000 litres d’eau pour produire 2-3 avocats. 1000 litres d’eau, ce sont les citernes que vous voyez dans les prés de vaches, le gros cube blanc. Avec Instagram et le manger sain, la demande mondiale a explosé. Conséquence ? On déforeste pour faire de la place et on détourne voire on coupe l’accès à l’eau des populations locales.

La cosmétique ne peut pas être naturelle si elle n’est pas durable, c’est-à-dire juste sur le plan économique, social et environnemental.
Faites attention à cela, car même les petits artisans qui font du bio ne prennent pas (encore) cette question en considération.

Où acheter ces produits ?
Certains magasins bio/vrac (mais pas tous) proposent des cosmétiques sains de bonne qualité. Sinon en ligne via le shop Slow Cosmétique par exemple (mon préféré) ou même directement auprès des fabricants.

Info bonus
Vous pouvez utiliser vos anciens gels douche et shampoings comme nettoyant maison.

Ne vous fiez pas au logo de la « charte Cosmébio » qui est facile à obtenir et qui n’est pas garante d’une composition saine.

Bibiographie

  • Dans ma peau – Yael Adler
  • Julien Kaibeck (auteur)

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