Les plantes et autres compléments utiles contre les maux du quotidien (usage interne)

Cela fait quelques années que je m’intéresse la phytothérapie et aux divers compléments pour soutenir la santé globale du cheval, du coup je me dis que ce serait bien de faire un partage sur ce thème. Cela vous permettra peut-être de vous aiguiller dans vos choix de compléments.

Cet article ne substitut pas aux conseils de votre vétérinaire. Les plantes offrent un coup de pouce, mais peuvent pas compenser une alimentation carencée. Si les pieds sont cassants, le poil est terne, le ventre est gros, l’estomac est en feu… quelques plantes ne suffiront pas.
Il n’y aucun lien commercial ou partenariat dans cet article.

Analyse de composition
La première chose que je fais quand j’analyse un mélange de plantes, c’est de vérifier qu’il ne contient pas de plantes que j’ai choisi d’éviter, comme :

  • l’ail : j’explique pourquoi dans cet article,
  • la cousoude : elle contient des alcaloïdes comme les séneçons,
  • la fougère mâle et la prêle des champs : elles contiennent une enzyme qui détruit la vitamine B1,
  • les plantes riches en fer : ortie, persil, spiruline,
  • les puissantes plantes anti-inflammatoires (sauf cas particulier) : harpagophytum (ou griffle du diable), reine des prés, saule blanc
  • les algues : elles sont souvent utilisées pour leur teneur en oligoéléments, mais leurs valeurs nutritionnelles restent toujours approximatives, je préfère un complément minéral vitaminé pour faire ce travail.

Concernant le curcuma, ses effets anti-cancéreux et anti-inflammatoires ne sont pas du tout prouvés, en revanche son ph alcalin (basique) peut être intéressant pour atténuer une acidité gastrique, donc attention aux sirènes du marketing !

Puis j’estime le rapport qualité/prix du produit. Par exemple si le produit contient principalement de plantes bon marché et qu’il est proposé à prix d’or, je passerais mon tour.

Ces derniers temps, je réalise mes mélanges moi-même. J’achète des plantes individuelles auprès de revendeurs proposant des volumes importants, ce qui me permet de réduire la facture, mais je déconseille cette stratégie aux débutants.

Acidité gastrique
Aloe vera, guimauve (racines), réglisse (racines)

La meilleure prévention contre l’acidité gastrique, c’est l’apport conséquent en fourrages et la réduction de la ration en amidon. L’apport de luzerne peut être envisagé, car sa richesse en calcium permet de contrebalancer l’acidité gastrique, mais il faut veiller à l’équilibre phosphocalcique.

Les plantes mucilages comme l’aloe vera, la guimauve, la réglisse et le plantain offrent aussi une protection pour l’estomac.

Appétit (perte d’)
Fenugrec (poudre), menthe poivrée

Ces deux plantes sont connues pour stimuler l’appétit et remettre en route un organisme affaibli.

Crottins mous
Argile verte, charbon végétal, fenouil (graines), psyllium

L’argile verte et le psyllium vont aider à solidifier les selles. Le charbon végétal et le fenouil vont aider à diminuer les gaz.
On peut alors associer argile verte + charbon ou psyllium + fenouil.
Attention à bien suivre les doses recommandées afin de ne pas créer l’effet inverse et risquer une impaction (colique).

Même si leurs effets ne sont pas unanimement prouvés, les probiotiques peuvent aider en cas de crottins mous. Les plus (re)connus : pro-ferm, Diamond V

En cas de diarrhées aiguës, de sang ou parasites dans les crottins, consultez votre vétérinaire.

Foie & reins
Pissenlit (feuilles et/ou racines), chardon-marie (graines), gaillet gratteron, verveine

Quand le cheval a accès un environnement diversifié, il a rarement besoin d’une cure détox’. Et puis, le cheval ne vit pas dans un environnement aussi stressant que nous, donc il vaut mieux éviter les transpositions hasardeuses : des cures trop fortes ou répétées peuvent faire plus de mal que de bien. Je ne mentionnerais donc pas ici des plantes fortement drainantes ici.

Le pissenlit est une plante diurétique connue puisqu’il suffit d’éplucher son nom « pisse-au-lit » pour s’en rendre compte. En néerlandais, on la nomme paardenbloem ce qui signifie « fleur des chevaux », intéressant non ? On utilise les feuilles pour leurs vertus sur les reins et les racines, sur le foie.
Le gaillet gratteron et la verveine peuvent être distribuées comme plantes d’entretien pour foie et des reins si le cheval n’a pas accès à une nourriture diversifiée.

Le chardon-marie est un protecteur du foie et évite les dépôts de graisse.

Mobilité
MSM, oméga-3, vitamine C

En termes de mobilité, l’usage de plantes médicinales doit être bien mesuré parce qu’il s’agit souvent d’anti-inflammatoires.
Pour l’entretien, je préfère les chondroprotecteurs et les oméga-3. Les études sur les chondroprotecteurs sont encore assez rares et leurs effets ne sont pas totalement prouvées, mais beaucoup d’utilisateurs ont vu des effets positifs sur leurs chevaux.

Parmis les chondroprotecteurs, il y a le glucosamine. Ce chondroprotecteur me pose problème, car il est issu de carapaces de crustacés, je préfère donc l’éviter.

Les oméga-3 sont normalement bien pourvu dans l’alimentation du cheval, mais une supplémentation peut être utile en cas d’inflammation.
Attention aux mélanges d’huiles, celles-ci contiennent souvent plus d’oméga-6 que 3 et n’ont donc presque aucun effet anti-inflammatoire.

Le cheval synthétise naturellement la vitamine C, mais dans des cas particuliers, une supplémentation peut être intéressante.

Surpoids
Cannelle (poudre), chardon-marie (graines), fenugrec (graines moulues ou poudre), psyllium, gaillet gratteron, gingembre (poudre), magnésium

Pour combattre le surpoids, en plus d’un plan alimentaire adapté, l’apport de certaines plantes peuvent aider à réguler la glycémie : la cannelle, le fenugrec, le gaillet gratteron, le gingembre et le psyllium. On peut aussi ajouter le chardon-marie pour le soutien du foie dans l’élimination des graisses.

En ce qui concerne les mélanges de plantes tout prêts, il faudra faire attention à ne pas sélectionner des plantes riches en fer. C’est un oligoélément que l’on presque systématique en excès dans l’alimentation du cheval et qui peut perturber la sécrétion de l’insuline.

Une supplémentation en magnésium se révélerait aussi intéressant pour lutter contre le surpoids et l’IR. Dans ce cas, il vaudra mieux privilégier l’oxyde de magnésium qui est le mieux assimilé (56,2%) (à titre de comparaison, le citrate de magnésium c’est 11% et le sulfate de magnésium, 9,8%).

Respiration
Anis (graines), bouillon blanc, guimauve (feuilles), plantain, réglisse (racine), thym, tussilage

La respiration, cela sous-entend beaucoup de choses : allergie, emphysème, virus… donc il faut avant-tout consulter un·e vétérinaire pour cibler la cause de la toux.

Les plantes comme la réglisse, la guimauve et le plantain ont des propriétés mucilagineuses et émollientes, elles viennent donc apaiser la toux.
L’anis, la réglisse et le thym ont des propriétés expectorantes, la réglisse a aussi un effet anti-toussif et anti-viral et le thym a un effet antiseptique (mais attention, le thym est toxique à forte dose et contient beaucoup de fer).

Petite mention spéciale au mélange Freeway d’Hilton Herbs, un des rares mélanges tout prêt que je trouve très bien et qui a vraiment bien fonctionné sur mon poney pour soigner une toux virale (le vétérinaire avait été consulté).

Transit
Fenouil (graines), lin (graines moulues), psyllium

Pour les chevaux sensibles aux coliques – en prévention seulement – un complément de fenouil, de lin ou de psyllium peuvent aider à fluidifier le transit.

Attention à bien suivre les doses recommandées.

Vermifuge
Absinthe, anis, armoise, cannelle (poudre), courge (graines), fenouil (graines), menthe poivrée, thym

Beaucoup de plantes ont des propriétés vermifuges et vermicides. Le cheval en mange aussi de lui-même quand il en a à disposition (jeunes pousses de ronce, glands de chênes, feuilles d’arbres, etc.).
Ces plantes (absinthe, tanaisie, thym…) sont à utiliser avec précaution, car elles sont toxiques à fortes doses.

Un cheval en train de consommer ce qui ressemble fort à du gaillet gratteron.