Composer la ration de son cheval : les bases

Ces dernières années, l’alimentation a subit une grosse mise à jour, notamment grâce aux nombreuses recherches sur le sujet.

Lorsqu’on compile nos acquis et les découvertes récentes, on obtient une ration idéale qui se compose de :

  • du fourrage de qualité et en quantité,
  • de protéines,
  • d‘oméga-3,
  • d’une pierre à sel blanche en libre-service,
  • d’un supplément en vitamines et minéraux.

Où sont les concentrés là-dedans ? Ils ne sont pas toujours nécessaires et posent aussi certaines limites : mal distribués, ils exposent leur cheval à des pics de glycémie, à des ulcères gastriques et à des risques de colique.
Les compléments ont aussi beaucoup changé ces dernières années, ils sont plus ciblés et plus équilibrés, ce qui fait reculer l’attrait pour les concentrés.

Les fibres

Le fourrage est la principale source d’énergie du cheval, celui-ci doit pouvoir en consommer 2% à 3% de son poids tous les jours, soit 10 à 15 kilos pour un cheval de 500 kilos.

Un manque de fibres augmente le risque d’ulcère gastrique, d’impaction (colique) et de stérérotypies.

Les modes de distribution ont bien évolué : les filets à foin mis à disposition dans les prés, les paddocks ou les boxs permettent aux chevaux de consommer du foin plus lentement tout en limitant considérablement le gaspillage. La consommation lente permet également d’améliorer la digestion et l’assimilation.

Les protéines

Les protéines entrent dans la composition des muscles, des tendons, la corne et participent aux fonctions immunitaires du cheval.

Les recommandations NRC évaluent à 1,5 g par kilo de poids vif et les recherches récentes grimpent jusqu’ à 2 grammes par kilo de poids vif. Pour un cheval de 500 kg, cela représente donc un besoin de 750 grammes de protéines par jour.
Les besoins sont encore plus importants pour les reproducteurs, les poulains et jeunes chevaux en croissance et les chevaux athlètes.

Un foin de prairie moyen contient environ 8% à 10% de protéines et l’herbe en contient naturellement plus (environ 15%, cela peut être aussi moins ou plus).

Les protéines comptent 20 acides aminés, il y a les acides aminés essentiels et les acides aminés non-essentiels.

Parmi les acides aminés essentiels et difficiles à trouver dans l’alimentation du cheval, il y a lysine et la méthionine. Une déficience de ces acides aminés peut limiter la prise de masse musculaire et influer la qualité de la corne et du poil.

Les oméga-3

Les oméga-3 sont des acides gras dit essentiels, car le cheval ne peut les fabriquer lui-même.
Les oméga-6 sont également des acides gras essentiels, mais ils sont moins recherchés : en effet, les acides gras essentiels ont un rôle important dans le processus inflammatoire : les oméga-3 réduisent l’inflammation tandis que les oméga-6 l’augmentent.

Les études récentes montrent les effets multiples et positifs des oméga-3 et l’utilité de complémenter son cheval, surtout si le cheval est nourri au foin ou quand l’herbe devient moins riche.

Les oméga-3 peuvent en effet agir sur :

  • le système nerveux,
  • le système cardiovasculaire,
  • le système respiratoire,
  • le système gastro-intestinal,
  • les articulations,
  • la fertilité.

Parmi les sources les plus intéressantes :

  • les graines de lin extrudées : elles ont l’avantage de fournir des protéines,
  • l’huile de lin,
  • les graines de chia.

Les (sels) minéraux et oligoéléments

 

Nécessité d’un complémentation ? Besoins à l’entretien ou au travail léger pour un cheval de 500 kg
Calcium Oui, en cas d’alimentation riche en céréales. 20 g
Phosphore Oui, en cas d’alimentation principalement fourragère. 15 g
Magnésium Cela dépend du fourrage.

Une complémentation peut être intéressante en cas d’insulinorésistance.

8-10 g
Sodium Oui 20 g (ces besoins peuvent varier suivant le travail ou la saison)
Cuivre Oui 200 mg (ces valeurs augmentent ces dernières années à cause du fer qui est en excès dans l’alimentation du cheval)
Zinc Oui 600 mg (ces valeurs augmentent ces dernières années à cause du fer qui est en excès dans l’alimentation du cheval)
Fer Non 400 mg (le cheval en consomme en réalité beaucoup plus chaque jour, donc une complémentation est inutile voire contre-productive)
Manganèse Non 400 mg
Iode Oui 4,5 mg
Sélénium Oui 1,7 mg

2 ratios importants à contrôler :

  • le rapport phosphocalcique : Ca/Ph, entre 1,5 et 1,8
  • le rapport cuivre/zinc : Cu/Zn, entre 0,33 et 0,4 (selon Wolter)

Les vitamines

Nécessité d’un complémentation ? Besoins à l’entretien ou au travail léger pour un cheval de 500kg
Vitamine A Oui, si le fourrage est de mauvaise qualité.  25000 UI
Vitamine D Oui, en cas de manque d’ensoleillement.  10000 UI
Vitamine B Oui, en cas de problèmes d’assimilation et de mauvaise qualité de corne.
Vitamine C Non, sauf si maladie ou activité intense.
Vitamine E Oui quand le cheval est au foin et durant l’hiver.  5000 UI
Vitamine K Non 1 mg

Un autre élément à ne pas négliger : le poids du cheval

De nombreux ouvrages et aliments évaluent le poids moyen d’un cheval à 400 kg, qui est plutôt le poids d’un petit cheval léger (le type de cheval d’il y a quelques décennies). Ce poids n’est plus représentatif du poids moyen d’un cheval moderne lequel se rapproche plus des 600 kilos.

Il est donc crucial de pouvoir calculer les besoins du cheval en ayant une bonne visibilité sur le poids du cheval au risque de sous-évaluer les besoins et les apports.