A quoi ça sert de bien nourrir son cheval ?

A quoi ça sert de bien nourrir son cheval ? Est-ce que ça vaut le coup ?

Ou alors on peut aussi se poser la question à l’envers : est-ce que nous ne rêvons pas tous d’un cheval musclé, brillant et en bonne santé ?

La réponse, au vu de l’article, on la devine : pour y arriver, il faut commencer par bien le nourrir.
Pourquoi ? Parce qu’une alimentation contrôlée a de nombreuses fonctions, comme :

Maintenir un poids optimal tout au long de l’année

L’alimentation du cheval a la particularité qu’elle fluctue suivant la saison : les apports sont plus importants durant le printemps et l’été qu’ils ne le sont en automne et en hiver.

Ce que l’on voit souvent :

  • des easy-keepers trop bien portants au printemps et au poids plus acceptable en hiver,
  • des hard-keepers beaux au printemps mais qui perdent rapidement leurs jolies formes à l’approche de l’hiver.

En jouant sur les apports, on peut mieux agir sur ces problématiques afin de rendre ces situations stressantes beaucoup plus confortables.

Garder une immunité active

Les mécanises de la fonction immunitaire ne sont pas encore totalement percés, mais on sait que les actions des nutriments couplés aux différents rôles des micro-organismes font partis de ce mécanisme.
Il y a donc un lien entre immunité et alimentation.

Ainsi si un cheval est plus sensible aux affections ou tombe malade, ce n’est pas forcément « le coup à pas de chance », c’est peut-être aussi parce que son immunité n’est pas à son optimum du fait de carences importantes.

Une bonne alimentation accélère également le processus de cicatrisation.

Préserver les articulations

Les articulations sont composées de plusieurs tissus : les os, les tendons et les ligaments.
Ces derniers ont besoin de nombreux nutriments pour rester fonctionnels, c’est pourquoi la première protection à choisir, avant les guêtres, les onguents ou les plantes, c’est l’alimentation.

La bonne santé articulaire passe donc par de bons apports :

  • en protéines, nécessaires à la formation des tendons et des ligaments,
  • en calcium et en phosphore et au bon respect de leur ratio,
  • en magnésium,
  • en cuivre et zinc et au bon respect de leur ratio.

On peut également citer les chondroprotecteurs :

  • le methylsulfonylméthane (MSM) est issu du souffre,
  • la glucosamine et la chondroïtine sont à éviter parce qu’ils sont issus des produits de la mer et potentiellement extraits de la pêche aux requins et de tortues…

Nourrir les muscles

Tout le monde rêve d’un cheval bien musclé, à l’arrière-main forte et au poitrail bien éclaté et bien cela passe forcément par une bonne alimentation des muscles.

L’apport en protéines chez le cheval est évalué à 1,5 g par kilo de poids vif (et certaines sources montent à 2 grammes).
Les besoins sont principalement couverts par le fourrage, mais certains acides aminés essentiels peuvent manquer, comme la lysine et la méthionine.

Un apport important et qualitatif en protéines est donc la base du développement musculaire, mais d’autres éléments entrent aussi en compte, comme l’apport en vitamine E et éventuellement en magnésium.

Il faut donc vérifier ces différents éléments s’il l’on cherche la prise de masse.

Avoir de beaux pieds

« Pas de pied, pas de cheval ! »
On peut regarder l’état du pied pour apprécier la bonne santé du cheval : faible pousse, pourriture, corne fragile, changements alimentations voire épisode inflammatoire…
Pour être fonctionnel et solide, le pied a besoin de beaucoup de nutriments : des protéines, notamment de la méthionine, du cuivre, du zinc et un peu de biotine. L’ennui, c’est que le cheval ne les trouve pas en suffisance dans son alimentation naturelle et a besoin d’être complémenté.

Cette complémentation fera ensuite 80% du travail : la corne sera plus solide, la pousse régulière et le cheval se protégera naturellement des affections extérieures.

Eviter l’inflammation

Les maladies engendrent des inflammations qui peuvent être douloureuses et/ou handicapantes : surpoids, obésité, allergie, problèmes respiratoires, problèmes articulaires…

L’inflammation est naturelle et vitale, mais point trop n’en faut.
Les chevaux nourris avec des céréales ou exclusivement au foin peuvent manquer d’oméga-3. Les oméga-3 sont des acides gras essentiels qui ont un effet anti-inflammatoire, contrairement aux oméga-6, qui eux, favorisent l’inflammation.

Ainsi face à une inflammation, l’alimentation est aussi un levier d’action.

Lutter contre les effets du stress

Les chevaux sont exposés à de nombreuses situations stressantes : changement de pension, transport, concours…
Le stress est un oxydant : il accélère le vieillissement des cellules. Mais ces effets peuvent être contrôlés par un bon apport en anti-oxydants que sont le magnésium, la vitamine C, la vitamine E et le sélénium.

Eviter les comportements négatifs

De nombreuses études font désormais le lien entre carences et problèmes de comportements.

Par exemple les rations riches en amidon augmenteraient les comportements agressifs (envers l’humain et les congénères) et il semblerait qu’il y ait un lien entre carence en sélénium et tic à l’air. Et plus généralement, on sait qu’un manque de fibres favorise l’apparition d’ulcères gastriques, source de douleur et donc de comportements négatifs.

Le magnésium est également reconnu pour ses effets apaisants sur les chevaux nerveux.

En bref, pour avoir un cheval bien dans ses sabots, il faut avant tout le nourrir correctement.

De moins l’exposer au risque de colique, d’ulcères gastriques ou de fourbure

De nombreux chevaux seront exposés à un épisode de colique, d’ulcères gastriques ou de fourbure dans leur vie et ces maux ont souvent une origine alimentaire.

Il vaut donc mieux les prévenir que les guérir et cela passe forcément par la case alimentation.

Conclusion

L’alimentation est le meilleur rempart contre les maladies, les blessures et le vieillissement prématuré.
Il ne suffit pas seulement de compter sur l’herbe ou du litre de granulés pour penser que les besoins sont couverts, cela mérite un calcul plus détaillé, ce que l’on appelle le bilan nutritionnel qui permettra ensuite de calculer la ration idéale. N’hésitez donc pas à consulter un·e nutritionniste indépendant·e qui s’occupera de faire le meilleur calcul pour vous.

Mon ostéopathe équin me disait « les chevaux bien nourris sont ceux où il y a le moins à faire » et je trouve cela très juste.