Faut-il donner du sel rose de l’Himalaya à son cheval ?

Comme de nombreux organismes, le cheval a besoin d’une certaine quantité de sel par jour.

Quels sont les besoins journaliers à apporter ? Quelles sources privilégier ? Que faut-il penser du sel rose d’Himalaya ?

Les besoins en chlorure de sodium

Selon Wolter, les besoins journaliers se situent entre :

  • de 15 à 40 g pour un poulain,
  • de 20 à 70 g pour un cheval au travail,
  • de 25 à 45 g pour une jument en gestation,
  • de 30 à 45 g pour une jument en lactation,
  • de 30 à 45 g pour un étalon.

Pour avoir une petite représentation des quantité : une cuillère à café contient environ 5 grammes de sel (ce sont notre besoin quotidien en tant qu’humain).

La carence chronique se manifesterait par une altération de l’appétit et du pica (propension à ingérer n’importe quoi : urine, crottins, papier, terre…), par la rugosité du poil, éventuellement par la réduction de la vitesse de croissance ou de la sécrétion lactée, par une grande « fatigabilité » et parfois, par une prédisposition aux accidents musculaires aigus (coup de sang). Source : Le Wolter

Est-ce que le sel rose d’Himalaya est une bonne source de sel pour son cheval ?

Le sel rose de l’Himalaya contient environ 84 minéraux, dont beaucoup sous forme de traces.
On ne peut donc pas dire qu’elle soit « riche » en minéraux et encore moins qu’elle puisse être considérée comme complément minéral.

En dehors du sel, on retrouve principalement du :

  • fer : 38 mg/kg
  • magnésium : 160 mg/kg
  • sulfure : 12 mg/kg
  • potassium : 3,5 mg/kg
  • calcium : 4 mg/kg
  • zinc : 2,4 mg/kg

Ainsi que du :

  • lithium : 400 mg/kg (!)
  • brome : 2 mg/kg : neurotique et perturbateur endocrinien
  • baryum : 2 mg/kg : « l’étude réalisée par l’INRS sur les rats, les souris et les lapins démontre qu’une exposition régulière au baryum provoque une augmentation de la taille du foie et une augmentation du nombre de décès » Source : Wikipedia
  • tantale : 1 mg/kg
  • platine : 0,47 mg/kg

(Ce sont des valeurs moyennes, l’analyse est disponible ici.)

Un cheval ne mangera pas un kilo de sel par jour, mais on peut quand même se demander s’il est raisonnable de distribuer ces éléments dans la ration de son cheval

Autre problème : son mode d’extraction et sa provenance lointaine.

Les pierres sont extraites dans des mines par des ouvriers pauvres dans des conditions rudimentaires.

C’est aussi une pierre qui vient de loin : environ 8000 km sépare Paris de la mine de sel.

Localisation d’une des principales mines à sel rose (Khewra, Pakistan).

Quelles sources privilégier et sous quelle forme ?

Le plus simple est de choisir un sel marin gris/blanc sans adjuvant ou additif ajouté.

On peut choisir de le distribuer sous forme de bloc et/ou poudre que l’on ajoute dans la ration.

Les aliments industriels (granulés, floconnés) ainsi que certains CMV contiennent également du sel et participent aux apports quotidiens.

Pierre de sel marin.

Conclusion

Il y a un phénomène de mode et beaucoup d’informations tronquées autour du sel rose de l’Himalaya.

Sur le plan nutritionnel, ce sel n’a pas un intérêt nutritionnel supérieur par rapport à une autre source, il fournit même des substances indésirables.

Sur le plan éthique, il ne s’agit pas d’un commerce équitable. Les ouvriers sont pauvres et travaillent dans des conditions difficiles.

Sur le plan écologique, le transport de ces pierres participe à l’accélération du réchauffement climatique.

Alors que choisir ? Du sel marin, tout simplement.

Suite aux nombreux commentaires

Merci à vous ! Je ne m’attendais pas à un tel succès !

Je réponds donc à quelques questions.

Bien sûr, le sel blanc n’est pas tout blanc non plus. 😉 On peut retrouver des traces d’arsenic, de plomb et désormais des microplastiques. Toutefois la liste est beaucoup plus courte que le sel rose, beaucoup plus courte.
Tout produit naturel est imparfait, les chevaux avalent tous les jours des éléments plus ou moins indésirables.
Comme je le disais plus haut, on peut se demander s’il est sain, raisonnable, d’ajouter des pollutions en plus de celles déjà présentes.
Les chercheurs ont récemment fait le lien entres maladies hormonales et perturbateurs endocriniens, il y a donc des sources de surexposition dans l’environnement du cheval. Et peut-être faut-il craindre un effet cocktail avec tout ce que l’on peut potentiellement rajouté (et pas uniquement via l’alimentation) ? Nous n’avons pas de données scientifiques sur cette question, seul le principe de précaution peut s’appliquer ici.
A chacun·e donc d’évaluer cette question !