Prévenir les troubles musculosquelettiques et les ulcères chez le poulain et jeune cheval

Un problème de santé chez un jeune cheval est la hantise des éleveurs et des futurs acheteurs, car ils peut anéantir l’espoir d’une future carrière sportive. Entre alimentation de la mère, conformation, hébergement et alimentation du jeune cheval, nous verrons ici comment diminuer ce risque.

Réduire le risque d’OCD par l’alimentation

La prévention des problèmes musculosquelettiques se préviennent dès la gestation et l’état corporel de la poulinière est aussi à prendre en compte. Ainsi, selon une étude britannique, reproduire des juments en surpoids ou obèses augmenterait le risque de produire des poulains plus lourds et plus exposés à des problèmes de santé.

Une autre étude française a montré que les poulains de juments sous-alimentées pouvaient avoir des problèmes de développement osseux et un développement des testicules plus lent tandis que les poulains de jument sur-alimentées avaient plus de risque de développer une ostéochondrose (OCD).

On retient de ces conférences l’importance de correctement nourrir les poulinières et que certaines pratiques comme la distribution de concentrés n’est pas toujours nécessaire.

Si la teneur en amidon doit être modérée, l’apport équilibré en acides aminés, vitamines et minéraux est essentiel.

Dans ces périodes charnières (gestation, lactation, sevrage, croissance), se tourner vers les conseils d’une nutritionniste équin est la meilleure chose à faire.

Réduire le stress du sevrage et le risque d’ulcères gastriques

Le sevrage est une étape souvent stressante pour le poulain, c’est une période délicate où il perd souvent du poids et est exposé aux ulcères gastriques. Cependant, de plus en plus d’études indiquent que le stress peut être réduit par plusieurs stratégies :

Un sevrage progressif et un stress diminué augmentent les chances d’un avenir serein.

Le mouvement pour réduire le risque de blessures et favoriser le bon développement musculo-squelettique

Une étude française portant sur 259 yearlings nés sur 20 haras en Normandie suivis de 6 à 17 mois a comparé différentes radiographies prises à différents intervalles. La prévalence d’affections ostéo-chondrales juvéniles (AOCJ) était de 48% à 6 mois et 42% à 17 mois. Ce sont donc des périodes sensibles à prendre en compte dans le management du jeune cheval.

Les chercheurs ont montré que les facteurs aggravants de ces affections sont l’irrégularité du terrain et le mode d’hébergement mixte (box/pré). Les jeunes sont par exemple plus enclins à sauter de joie le matin augmentant le risque de trébuchement et de chutes. Les scientifiques conseillent donc de réaliser limiter les sorties brusques et de favoriser la stabilité des groupes.

Plus intéressant encore, une étude américaine réalisée sur 16 chevaux arabes âgés en moyenne de 18,6 mois a montré que le fait de confiner de jeunes chevaux altèrent leur densité osseuse en seulement 28 jours. Des chercheurs belges ont également montré que l’accès régulier à des paddocks ou à des prés diminuent le risque d’affections osseuses. En bref, il faut privilégier l’espace !

La conformation

Cela parait évident, mais les chevaux bien conformés ont moins de chance d’être touchés par des troubles muscolosquelettiques. D’ailleurs, des chercheurs suédois se sont intéressés à la carrière de plus de 8000 chevaux, entre 1973 à aujourd’hui et confirment que les chevaux qui sont en bonne santé entre 4 et 5 ans ont plus de chance d’avoir une plus grande longévité sportive, d’où l’importance de faire les bons choix.

Une bonne conformation ce n’est pas seulement un cheval proportionné, c’est aussi une bonne conformation tête-encolure-corps, en particulier en ce qui concerne une encolure bien placée et des lignes relativement longues. De plus, les mouvements corrects et équilibrés au trot en main se sont révélés être très révélateurs de la conformation globale correcte et de la santé future.
Fait intéressant, les plus grands chevaux avaient des carrières plus courtes. Produire de grands chevaux de sport étaient utiles il y a 20 à 30 ans, lorsque la race était trapue, nous pourrions maintenant avoir atteint les limites de cet avantage.

SOURCE : TheHorse

Pour résumer

La prévention de l’OCD passe principalement par l’alimentation de la poulinière (durant la gestation et lactation), du poulain et par le mouvement.
La bonne conformation du poulain permettra également d’augmenter les chances qu’il reste en bonne santé et pour longtemps.

La prévention des ulcères gastriques est possible si le stress du sevrage est réduit à son maximum.