Comment choisir et régler son bridon pièce par pièce

Après la quête du mors, place à celle du bridon !

Et pfiou… ce n’est pas simple du tout comme question !

Petit rappel avant de commencer : la tête comporte un réseau important de petits muscles, de nerfs, vaisseaux sanguins et fascias, en plus d’être le centre des 5 sens principaux. C’est donc une zone sensible, complexe et fragile sur laquelle on ne peut (théoriquement) pas mettre n’importe quoi et n’importe comment.

Récemment je me suis donc mise en quête du bridon parfait… Et cela m’a mené à me poser pas mal de questions : que faut-il privilégier, que faut-il éviter et pourquoi ?

Cet article est une synthèse de (longues) recherches, mais je ne suis pas professionnelle. En cas de doute ou question, n’hésitez donc pas à en consulter une. 😉

Maintenant que les bases sont posées, entrons dans le cœur du sujet.

La têtière

La têtière c’est la pièce centrale du bridon et c’est à son niveau que se concentrent les principales pressions, c’est-à-dire sur la nuque et derrière les oreilles.

La base des oreilles est une zone sensible faite de nombreux petits muscles qui permettent au cheval de les bouger dans tous les sens. Le rôle de la têtière est de répartir la pression du bridon tout en libérant les oreilles. Or, de nombreuses têtières ne remplissent pas ce rôle et compriment cette zone.

Que penser des têtières anatomiques ?
Sur le marché de l’anatomique, on trouve de tout, mais vraiment de tout…
Par contre on trouve peu d’information techniques : les orientations morphologiques que le matériel va habiller, les dimensions ou même des illustrations correctes (des photos prises de profil, sur différents modèles de chevaux, etc.).

Petit florilège de ce qui peut se trouver :

Autant dire qu’il ne suffit pas que le modèle soit « anatomique » pour qu’il convienne à toutes les morphologies.

Ici, ça ne matche pas, la têtière prend trop de place et est trop près de la base des oreilles.

D’ailleurs, il est fort probable que les larges et épaisses têtières aient été développés pour plaire d’abord à la cavalier plutôt qu’au cheval. Une grosse pièce de cuir, ça rassure… mais il faut se défaire de cette idée reçue.

Aujourd’hui, le seul moyen pour savoir si la têtière anatomique X a un dessin adapté, est de l’essayer sur son cheval/poney.

Faut-il préférer une têtière déportée ?
La réponse est non, sauf en cas de pathologie particulière parce que la première cervicale n’est pas l’emplacement idéale pour « accueillir » la pression du bridon.
De manière générale, la têtière doit idéalement se placer entre l’os occipital et l’atlas, ce que l’on appelle communément la nuque.

Et les têtières et pads « à pont » ?
Ces systèmes déportent la pression sur les côtés de la têtière, là où la pression est également élevée avec une têtière classique. Côté cheval, ce type de têtière (ou pad) peut être apprécié comme détesté. C’est donc à tester au cas par cas.

En général, les chevaux ne sont pas trop gêner par la pression exercée sur la nuque, ils semblent davantage apprécier les petits pads sur les côtés des oreilles.

Quelle forme choisir ?
C’est une question difficile, car il n’y a pas de réponse absolue.

Il faut trouver la forme qui convient à son cheval tout en évitant de faire des choix anthropomorphiques.

N’oublions pas que les meilleures solutions sont souvent les plus simples : une têtière droite, pas trop large, ni trop fine et un peu rembourrée convient dans la plupart des cas.

Recherche de symétrie
En plus de la forme, un autre critère va entrer en compte : l’intégration de la muserolle.

Il existe deux types de muserolles, les muserolles avec lanière (1 attache) et les muserolles sans lanière (2 attaches).

Aujourd’hui, on se tourne de plus en plus vers les muserolles sans lanière (celles que l’on attache sur deux côtés) parce qu’elles apportent plus de stabilité et de symétrie.

Une autre distinction également : le passage de la lanière en dessous ou par dessus la têtière. Si l’on vise le confort, il sera alors préférable de choisir un modèle où la lanière passe au dessus de la têtière pour diffuser la pression.

Quelques innovations intéressantes
Après avoir étudié la pression engendrée par la têtière, FairFax a essayé de trouver une solution pour la rendre plus confortable. La marque anglaise a en conséquence développé des bridons munis de petits pads qui permettent de décompresser cette zone de pression.

Passier a également développé un bridon (nommé Fortuna) qui dispose d’un élastique au niveau du frontal. Cela permet de soulager cette même zone de pression et laisser un maximum de mobilité aux oreilles.

La muserolle

La deuxième pièce centrale du bridon, c’est la muserolle.

Il y a un peu près quatre choses à savoir sur la muserolle :

  1. elle sert à éduquer le (jeune) cheval,
  2. elle ne doit pas être serrée,
  3. elle aide un peu à distribuer la pression de la nuque,
  4. elle n’est pas obligatoire.

Une muserolle trop serrée :

  • augmente le stress,
  • empêche le cheval de se décontracter,
  • empêche le cheval de déglutir correctement,
  • augmente la pression sur la nuque et le nez (dans les pires cas, on voit apparaitre poils blancs et/ou suros),
  • augmente le risque de blessures (langue, joue…).

Comme sur le marché des têtières anatomiques, de nombreuses muserolles développées sur le marché sont larges et épaisses.
Or avec un ajustement raisonné de la muserolle, il n’est pas nécessaire de choisir de grosses muserolles rembourrées.

En termes de modèle, je conseillerais la simplicité : une muserolle anglaise ou française, pas trop fine, ni trop large.

Innovations ?
On trouve de plus en plus de nouvelles conceptions de muserolles, avec souvent le passage de deux lanières sur la mandibule.
Ces muserolles sont développées pour distribuer la pression et stabiliser le mors.
Je ne suis pas totalement convaincue par ces nouveaux dessins parce qu’il y a toujours cette idée de fermer la bouche du cheval.
Certains sont mêmes composées d’une structure en acier ce qui me semble complément inadapté pour les parties charnues et sensibles avec lesquelles elles sont en contact.

Si certains cavaliers les utilisent sans les serrer, tant mieux, mais je ne trouve pas que ces nouveaux dessins soient utiles (et parlants) quand on pratique une équitation légère.

On voit ici que le cheval remonte le mors avec sa langue ce qui a pour effet de décoller la têtière de la nuque. Cela ne serait pas possible avec un réglage serrée. Le bridon n’est pas forcément le plus « moderne », pour autant il semble relativement léger.

Le frontal

Les frontaux ont le défaut d’être souvent trop petits, il faut donc faire attention à les prendre suffisamment grands et les ajuster assez bas (ils ne doivent pas toucher la base des oreilles).

Les frontaux en forme de vague sembleraient les plus appropriés, quelle que soit la morphologie du cheval.

Le frontal empêche le bridon de reculer et apporte un peu de stabilité.

La sous-gorge

On ne trouve pas beaucoup d’informations sur la sous-gorge à part que cette pièce sert à empêcher la perte du bridon en cas de chute (mais ce n’est pas toujours vrai).

Il faut par contre, veiller à ce qu’elle ne soit pas trop serrée, ni trop lâche.

Il existe également de nouvelles conceptions, c’est aussi quelque chose à tester au cas par cas. Par contre, j’ai remarqué que certains modèles tiraient les montants vers l’arrière, ce qui me semble être une mauvaise idée (parce que ça va influer sur l’embouchure).

L’ajustement

Choisir un bridon adapté c’est bien, l’ajuster correctement c’est mieux.

Voici la meilleure vidéo que j’ai trouvé sur ce sujet :

Des solutions pour trouver son bridon

Pour trouver son bridon, on peut :

  • soit choisir un modèle existant et s’il va tant mieux, sinon il est possible d’acheter des pièces détachées pour l’adapter,
  • soit l’acheter en pièces détachées, ce qui permet de faire directement les bons ajustements et de personnaliser le tout,
  • soit le faire faire par un artisan.

On peut également appeler un briddle fitter pour faire vérifier son matériel, tester d’autres ajustements et connaître les mesures de son cheval.

Les marques qui vendent des bridons en pièces détachées type Mix & Match (liste non-exhaustive) :

  • BR,
  • Bridle2Fit,
  • Claridge House,
  • Dyon,
  • Devoucoux,
  • Equiline,
  • Eric Thomas,
  • Fairfax,
  • Passier,
  • Schockemöhle,
  • SD Design,
  • Silver Crown,

Est-il possible de trouver des alternatives sans cuir ?

J’ai surtout présenté des pièces en cuir dans cet article, parce qu’il est plus facile de le découper et de le façonner.

Toutefois si comme moi vous aimez le synthétique, vous pouvez trouver des modèles « tout fait » chez Loesdau et Decathlon. Ou alors réaliser un bridon en biothane chez un artisan.

Quelques adresses (liste non-exhaustive) :

Bridon islandais de chez Nelaya.

J’espère que cet article vous aura été utile. Il n’y a plus qu’à se retrousser les manches et se souhaiter de bonnes recherches ! 😀