Article mis à jour le 11 novembre 2024
Ces dernières années, il y a eu une véritable montée en puissance des pratiques de soins non-conventionnelles (PSNC), aussi appelées thérapies alternatives, complémentaires et douces.
L’OMS en démontre près de 400, citons les principales :
- Acupuncture
- Accupression
- Aromathérapie
- Ayurvéda
- Balnéothérapie
- Biorésonance
- Chiropraxie
- Drainage lymphatique manuel
- Étiopathie
- Fasciathérapie
- Fleurs de Bach
- Gua sha
- Gemmothérapie
- Homéopathie
- Iridologie
- Infrathérapie
- Kinésiologie
- Lithothérapie
- Luminopuncture
- Massothérapie
- Naturopathie
- Oligothérapie
- Ostéopathie
- Ozonothérapie
- Phytothérapie
- Médecine quantique
- Réflexologie
- Reiki
- Shiatsu
- Ventouse
Les PSNC sont aujourd’hui très populaires et peu réglementées, ce qui a permis à beaucoup de personnes de s’autoproclament « praticien en ». Toutefois, ce n’est pas parce que ces pratiques sont populaires qu’elles sont efficaces. Si on les considère comme des pratiques pseudo-scientifiques c’est parce que leurs effets ont été évalués, et ceux-ci sont soient minimes, soient carrément nuls.
L’effet principalement des PSNC est surtout obtenu par des effets de contexte qui entrainent un effet placebo : on place souvent le patient dans un endroit confortable avec une certaine ambiance et de la lumière tamisée et surtout, on l’écoute. L’attention accordée à la personne (ou au propriétaire) joue énormément dans l’effet de contexte.
En plus d’être non prouvées, les PSNC sont aussi peu réglementées. C’est un problème parce que cela génère un marché dont le carburant est la croyance. et cela veut dire que l’on achète plus ou moins du vent lorsqu’on consulte un praticien en PSNC.
Le danger principal des PSNC est le retard de diagnostic et de prise en charge. Par exemple le fait d’appeler un ostéopathe plutôt qu’un vétérinaire peut entrainer un retard de prise en charge.
Parlons d’ostéopathie
Aujourd’hui, l’ostéopathe est tellement intégrée qu’on la considère comme un soin conventionnel, ce qu’elle n’est pas. L’ostéopathie est bien une pratique de soin non-conventionnel.
Les évidences scientifiques concernant l’ostéopathie montrent un léger soulagement des douleurs de dos, c’est tout et ce n’est pas grand chose. On est très loin de valider toutes les allégations autour de l’ostéopathie et de ses effets.
Sur le plan équin, il est probable que le succès de l’ostéopathie équine repose sur le fait que le métier de kinésithérapeute équin n’existe (quasiment) pas.
Pour comprendre les effets attribués à l’ostéopathie, il faut comprendre comment elle est née et comment elle est enseignée. Pour cela je vous invite à visionner cette vidéo.
Les thérapies basées sur les méridiens
La science les a bien cherché, elle ne les a jamais trouvé (les méridiens).
L’acupuncture n’était même plus pratiquée en Chine. C’est Mao Zedong qui a décidé de la remettre aux goût du jour. Celle-ci s’est ensuite exportée en occident qui était à l’époque, passionné d’orientalisme.
Si les médecins la pratiquent, c’est que ça marche, non ? Pas vraiment, les résultats scientifiques montrent un léger soulagement de la douleur, mais que si l’on pique à côté, les effets constatés sont les mêmes et que si on trompe le patient en lui faisant croire qu’on le pique, les effets sont les mêmes.
Globalement, cette technique a un effet est très limité et plutôt placebo.
Sources non-exhaustives :
- Faut-il classer l’acupuncture dans les « fake medecine » ? – Florian Gouthière – Allo docteur
- Que peut soigner l’acupuncture ? – Florian Gouthière
- Évaluation de l’efficacité et de la sécurité de l’acupuncture – 2014 – Inserm
- L’acupuncture est-elle efficace ? – Association française pour l’information scientifique
Conclusion : faut-il tout arrêter ?
Non-conventionnel ne veut pas dire à bannir, mais attention aux usages que l’on en fait et aux dérives que certaines entrainent. Abuser ou ne faire appel qu’à des PSNC peut entrainer un retard de diagnostic et de prise en charge.
En médecine humaine, plusieurs médecins et organismes alertent aussi sur les dérives sectaires et les escroqueries liées à ces pratiques.
J’ai moi-même longtemps imaginé que ces thérapies étaient des thérapies, qu’elles avaient donc un effet curatif. Comme j’ai pu croire à l’homéopathie et consulter des ostéopathes pendant 20 ans, je pense qu’il est aussi bon de vérifier la pertinence de ces soins, aussi bien pour notre santé et celle de nos chevaux, mais aussi pour notre portefeuille, car si ces soins ont des effets nuls voire légers, ils s’agit souvent de soins onéreux qui peuvent plomber d’autres budgets.
Personnellement, je n’ai plus aucun problème à accepter des mises à jour scientifiques, je n’essaie plus de m’acharner à faire vivre de fausses croyances. J’ose douter et je n’ai plus honte de changer d’avis.
Pour aller plus loin
- Les pratiques de soins non conventionnelles et leurs dérives – Conseil national de l’Ordre des médecins (FR)
- Position du Conseil national de l’Ordre des infirmiers sur les pratiques non conventionnelles de santé – Ordre National des Infirmiers (FR)
- Comment reconnaître un charlatan ou un pseudo thérapeute sectaire ? – Miviludes
- Les zétérinaires
- Association pour l’information scientifique
- Collectif nofakemed
- Pensée magique
- L’Extracteur
- G Milgram
- Méta de Choc
- Ostéopathie – dérives et esprit critique
- La Tronche En Biais
Bibliographie
- Médecines alternatives et complémentaires : qu’est-ce qui marche ? – Florian Gouthière
Playlist sur les PSNC par le vulgarisateur La Tronche en Biais
