Les signes de mal-être sont-il sous-évalués voire ignorés par les propriétaires ?

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Mise à jour : août 2015

Les chercheurs français de l’Université de Rennes ont montré des résultats inquiétants : beaucoup de gens ne repèrent pas les signes de mal-être, ou pire, ils pourraient même penser que ces signes sont normaux.

Cette étude a porté sur 373 chevaux de sexes divers (212 hongres, 159 juments et 2 étalons), l’âge [3-34 ans et races (n = 24, ONC : 35%, Selle-Français : 26%, Poney de Français de Selle : 15,5%, et de plus petites proportions d’Anglo-Arabes, Connemara, Mérens, et New-Forest) dans 26 écoles d’équitation dans toute la France (14,3 à 1,5 chevaux par école).
Les chevaux étaient logés pour la plupart dans des boxes (93,8%), dans des enclos individuels (4,3%), ou en groupe (1,9%). La plupart d’entre eux ont été nourris aux granulés (93%), une à trois fois par jour, tandis que d’autres (n = 13,7%) ne recevaient aucun concentré. La plupart (89%) d’entre eux avaient également du foin distribué une à cinq fois par jour. Quelques centres ne pouvaient fournir de foin (n = 55 chevaux). Tous avait de l’eau à disposition.
Les chevaux travaillaient 4 à 20 heures par semaine dans des cours composés principalement d’enfants et d’adolescents, avec un jour de repos.

Comportements stéréotypés (SB) :

  • tic de l’ours : mouvement latéral évident de tête, l’encolure, l’avant-main, et parfois de l’arrière-main,
  • tic à l’appui ou à l’air : le cheval saisit un objet fixe avec ses incisives, tire en arrière et aspire de l’air dans son œsophage,
  • hochement de tête : mouvements verticaux de la tête et de l’encolure,
  • tape au box : le cheval frappe la porte ou un mur avec un de ses antérieurs,
  • marche en rond : marche de manière répétitive jusqu’à tracer un chemin dans le box.

Comportements répétitifs anormaux (ARB) :

  • léchage compulsif : léchage répétitif d’un même objet dans son environnement (excepté l’abreuvoir),
  • morsure compulsive : morsures répétées d’un même objet dans son environnement (excepté l’abreuvoir),
  • mouvement de la tête (autres que le hochement) : mouvements répétés de la tête,
  • menace sans raison : séquences rapides de menaces (coups de pied, morsure) seul dans son box,
  • bouche ouverte : le cheval garde sa bouche ouverte et bouge latéralement son encolure,
  • frottement de dents : frottement des dents sur la partie supérieure de la porte,
  • claquement de dents,
  • mouvement des lèvres : flapping des lèvres,
  • mouvement de la langue : mouvements de la langue, à l’intérieur ou à l’extérieur de la bouche.

Sur ces bases d’observation, un questionnaire a été transmis aux soigneurs dans lequel ils évaluaient le comportement des chevaux de leur écurie. De l’autre côté, un éthologue observait le comportement du cheval sur plusieurs heures.

Pourcentage de chevaux SB (questionnaires) rapproché selon le pourcentage de chevaux SB (observations) rapportés par l'école.
Pourcentage de chevaux SB (questionnaires) rapproché selon le pourcentage de chevaux SB (observations) rapportés par l’école.

Les résultats soutiennent l’idée que les comportements anormaux observés peuvent en quelque sorte devenir la norme : les écoles d’équitation qui comptent plus de 70% des chevaux SB, sont celles où les écarts entre le questionnaire et les observations sont les plus élevés. En effet, pour le personnel de l’écurie, le fait d’être entouré par une grande population de chevaux souffrants est susceptible de modifier la perception du bien-être, il pourrait même considérer ces comportements normaux. La deuxième problématique est certainement le manque de formation des soigneurs qui ignorent ou ne savent pas reconnaître les signes de bien-être.
Cette sous-estimation est inquiétante puisqu’elle ne permet pas de réduire ou de résoudre les causes du mal-être.

Fait intéressant : les professionnels les plus soucieux et attentifs obtenaient les meilleurs résultats (faible représentation de chevaux malheureux, et réponses cohérentes par rapport au questionnaire).
A noter : seuls deux centres ne présentaient aucun cheval SB.
SOURCE : National Center for Biotechnology Information

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12 réflexions sur “Les signes de mal-être sont-il sous-évalués voire ignorés par les propriétaires ?

  1. +1 avec Huyghens….
    bon sauf que ça ne changera sans doute rien dans les structures les plus concernées…
    par contre pour les autres, ça aidera encore à l’amélioration.
    Quel triste constat… :-(

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  2. C est désolant de voir que des soigneurs ne soient pas capables de voir cet état de fait. Malheureusement dans les grandes structures c est monnaie courante, j ai visité une écurie plus penchée vers le Cso qui fait aussi pension, j y ai vu des chevaux qui sortaient en paddock 1/2 journée seulement et sur paddock de terre ou rasé d herbe, sans rien pour s occuper ou à manger avec de l eau , c est déplorable et pour une pension de 393 euros —- jamais je ne mettrais ma jument dedans ça serait la rendre malheureuse.

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  3. Bonjour,
    Je me pose chaque jour la question quand je vais voir mon cheval… Il vit en pature avec un compagnon (d’autre chevaux dans les patures a coté) si je ne le sors pas assez il attaque son compagnon… Il mort tous les objets en bois qui passe sous son nez ;s // je ne sais pas quoi faire… J’ai augmenté le temps et l’intensité de notre travail (monté en carriere 3/4 fois par semaine le reste du temps balade, travail a pied, longe…) il est a l’herbe et a du foin a volonté / j’essaye de le lacher avec d’autres chevaux 1/2 fois de par semaine…
    Que faire pour ameliorer son bien-etre ?

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    1. Bonjour,
      Il est difficile de vous répondre, car les pistes peuvent être nombreuses (psychique ou physique ?). Peut-être commencer un par un bilan vétérinaire pour voir s’il ne souffre pas d’ulcères ? La piste énergétique (shiatsu par exemple) peut être aussi intéressante…
      Bon courage.

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    2. il voit le shiatsu 2 fois par an et la derniere fois c’etait en juin… Il est pied nu… C’est vrai que je trouve qu’il baille beaucoup, j’en parlerai au veterinaire ;)
      Merci

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  4. Il aurait été intéressant de comparer les résultats au rythme de vie des chevaux … cela permettrait de mettre en relation l’alimentation et les besoins de mouvement des chevaux et leur indice de bien être.

    Trop d’écuries considèrent que donner du foin 1 fois par jour est suffisant et que lâcher un cheval 20 min peut être suffisant si c’est 1 fois par semaine. Et je ne parle pas de celles qui ferment une jour par semaine et donc, les chevaux ne sortent pas ce jour là…
    Il ne fait nulle doute que les pratiques majoritaires en écuries de Box sont vecteurs de mal être chez les chevaux.

    Sortir un article qui mettrait enfin les pieds dans le plat avec des bases scientifiques permettrait peut être d’interdire ces habitudes néfastes. Il faut que le curseur d’estimation du bien être des chevaux soit replacé à son juste niveau…
    C’est incroyable que les comportements stéréotypiques soient perçus comme normaux !

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  5. Venez voir ce qui se passe au Mexique ! C’est l’horreur même les vétos considèrent les stéréotypes comme normales. Les chevaux naissent vivent et meurent en box et j’en passe !

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