Faut-il encore supplémenter nos chevaux en fer ?

Article mis à jour le 4 septembre 2022

Le fer est un oligoélément essentiel qui permet entre autres de transporter et stocker l’oxygène dans l’organisme. Il entre également dans la composition d’enzymes qui interviennent dans des réactions métaboliques.

Dans les années 70, on a commencé à supplémenter les chevaux en fer, surtout dans le monde des courses et des chevaux de sport, car on craignait des carences possibles, comme on la connait chez l’humain. Depuis, la majorité des aliments et compléments alimentaires sont additivés en fer, le but étant surtout de rassurer le propriétaire.

En réalité, la supplémentation en fer est un bon exemple d’anthropomorphisme. En effet, si la carence en fer est plutôt courante chez l’humain, elle est quasi-inexistante chez le cheval, c’est même plutôt tout le contraire.

Le fer dans l’alimentation du cheval

Les besoins en fer sont d’environ 500mg par jour pour un cheval de 500kg. Chez le cheval, ces besoins sont couverts par le fourrage. En effet, 1kg de foin contient environ 200mg par kg (les foins de légumineuses ont en contiennent un peu plus). Ce qui signifie que 2-3 kg de fourrages couvrent déjà les besoins journaliers en fer.

La carence en fer est donc extrêmement rare chez le cheval, on est plutôt face à un risque de surdose.

La surdose en fer

Un excès de fer peut entraîner une anémie, des douleurs musculaires, un pelage terne et un déficit en cuivre et zinc.

A hautes doses, il peut endommager le foie.

A des doses toxiques, il peut tuer. Il faut d’ailleurs être particulièrement vigilant à la qualité de l’eau et son contenant.

Lien en fer et insulinorésistance

Un excès de fer peut entrainé un taux de ferritine anormalement haut. La ferritine est une protéine dont le rôle est de stocker le fer. Un taux anormalement élevé de ferritine pourrait réduire la production d’insuline pancréatique.

Chez l’humain, les recherches tendent en effet à montrer un lien entre ferritine et syndrome métabolique. Chez le cheval, les premières analyses semblent également rejoindre cette même observation. Elle a également été faite sur des dauphins et rhinocéros.

Les chercheurs s’intéressent donc à évaluer la pertinence d’un régime alimentaire bas en fer afin de réduire les effets du syndrome métabolique.

Le ratio fer:cuivre:zinc:manganèse

Pour contrecarrer les effets négatifs d’un excès en fer, il est important de vérifier le ratio fer:cuivre:zinc:manganèse de sa ration. En effet, ces oligoéléments fonctionnent ensemble, c’est pourquoi il faut vérifier leur équilibre.

Les recommandations NRC recommandent d’établir un ratio fer, cuivre, zinc, manganèse entre 10:1:4:4 et 4:1:2:2. Le dernier ratio est celui qui correspondrait le mieux à un cheval insulino-résistant.

A savoir que les fourrages sont bien pourvus en manganèse (sauf s’il est réalisé sur un sol très calcaire), il est donc rarement utile de complémenter.

La vitamine C augmente l’absorption du fer, la nécessité d’une supplémentation doit aussi être vérifiée.

Ce qu’il faut retenir

Que 3kg de fourrages fournissent déjà 100% des besoins quotidiens en fer.

Que les chevaux sont donc exposés à des surdoses en fer, potentiellement dangereuses pour leur santé.

Qu’il y a un lien possible entre insulinorésistance et excès de ferritine.

Qu’il faut vérifier le taux et l’équilibre cuivre et zinc de sa ration. Les balancers « modernes » ont des taux particulièrement élevés en cuivre et zinc afin de contrecarrer les doses élevées de fer.

Qu’il est difficile de trouver à l’heure d’aujourd’hui, des aliments et compléments sans fer ajouté.

Qu’il ne faut pas pour autant céder à une paranoïa du fer, car certains vendeurs profitent de cette peur pour mieux vendre leurs produits.