Ce que les études nous révèlent sur la tension des rênes et emploi des mains dans l’équitation d’appui

Modifié le 14/06/2018

Ces études se sont basées sur les techniques de l’équitation d’appui (cette équitation où l’on a contact constant avec la bouche du cheval) dans laquelle les mains ne sont pas fixes. Dans la pratique de l’Équitation Classique, l’usage des mains est autre.

Les chevaux n’aiment pas la tension
Une étude a montré que contrairement à ce que l’on pense, les chevaux n’aiment pas et ne s’habituent pas à la tension. Pour cette étude, de jeunes chevaux ont été attachés et embouchés, les rênes attachées à un surfaix. Un sceau de friandise leur a été présenté, ils devaient donc se tendre pour pouvoir manger. Les premiers jours, les chevaux forçaient leur attache pour atteindre les friandises, mais les jours suivants, ils ont tout fait pour l’éviter. Ils préféraient donc éviter toute tension plutôt que de s’habituer à elle.
SOURCE : Subjective scoring of rideability by professional riders – is it linked to rein tension and occurrence of conflict behaviour?

Les cavaliers ont tendance à sous-estimer la tension de leurs rênes
Pensez-vous être capables de mesurer la tension que vous avez dans vos rênes ? Détrompez-vous. Selon une étude menée par une équipe de scientifiques britanniques, les cavaliers de tous niveaux ont tendance à sous-estimer la tension qu’ils appliquent à leurs rênes.
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Réactions d’inconfort induites par la tension des rênes
Une étude suédoise a étudié 7 chevaux de dressage, les chercheurs se sont concentrés sur les expressions de la tête, particulièrement au trot au moment de la phase de suspension. Les chevaux présentaient une posture de tête telle qu’on la voit en compétition (encolure ronde, et nez légèrement devant la verticale). Les chercheurs ont montré que lors de cette phase, les chevaux agitaient leur bouche. En réalité, il chercherait à « gérer la pression » du mors (pression exercée par les rênes) afin de la rendre plus confortable. L’étude aborde également les problèmes de tension dissymétriques entre la main droite et la main gauche, ainsi que des problèmes à suivre la bouche du cheval, même sur des rênes relâchées (NDLR : c’est la raison pour laquelle on ne cherche pas à suivre la bouche du cheval).
SOURCE : Movements of the horse’s mouth in relation to horse–rider kinematic variables

Les rênes élastiques sont-elles fantastiques ?
Quand le cheval exécute correctement ce que l’on lui demande, l’intérêt est de le récompenser au plus vite (relâchement des rênes). Or, quand il s’agit de relâcher la pression, le résultat est trois fois plus long avec des rênes élastiques que des rênes fixes. (NDLR : on ne peut palier au manque d’éducation et de rigueur du cavalier en s’appuyant sur du matériel « cache-misère ».)
SOURCE : Effects on behaviour and rein tension on horses ridden with or without martingales and rein inserts

Asymétrie des mains
Une étude britannique menée sur 23 cavalières droitières a mesuré la tension des rênes dans chacune de leurs mains. Résultat : une différence entre 34 et 45% dans la tension entre la main dominante et la main non-dominante, de quoi travailler proprioception et symétrie.
Les cavaliers professionnels sont aussi concernés par cette asymétrie comme le révèle cette étude menée sur 8 cavaliers. Les résultats ont également montré que les allures rapides génèrent plus de tension.
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La pression des ennasures est similaire à celle des embouchures
Une étude germanique a montré que des chevaux équipés d’ennasures s’appuient sur le même niveau de pression que s’ils étaient équipés d’embouchures et montrent aussi les mêmes signaux d’inconfort en cas de pression trop élevée. Autres observations révélées lors de l’étude :

  • le side-pull était l’ennasure qui exerçait le plus de pression,
  • les chevaux de type traits et les poneys avaient tendance à exercer plus de pression que les chevaux de sang et les pur-sangs arabes.

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2 commentaires sur « Ce que les études nous révèlent sur la tension des rênes et emploi des mains dans l’équitation d’appui »

  1. Jean d’ Orgeix avait mis au point un système pour mesurer la pression sur la commissure des lèvres avec des rênes reliées à un dynamomètre. Déjà 3 à 4 kilogrammes de pression avec juste le contact ! Serrage du petit doigt et 15 kilo dans la bouche ! Le poids du corp au bout des rênes et on dépasse les 45 kilo et cela devient du catch !

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