Introduire un nouveau cheval dans un groupe


Comment faire pour que l’introduction d’un nouveau cheval se passe au mieux ?

Diminuer le risque de blessures

Une étude suisse a révélé que contrairement à ce que l’on pense, la majorité des fractures se produisent lorsque que les chevaux sont au pré. Sur les 1845 cas de fractures étudiées et quand les causes sont connues, 43% sont causées par un coup de pied. Les blessures sont souvent provoquées par un manque de stabilité dans le groupe ou par un aménagement inadapté des activités (manger, boire, dormir…).

Une seconde étude suisse a d’ailleurs montré que les coups portés avec des fers ont plus de chance d’endommager les os, le déferrage est donc vivement recommandé afin de diminuer le risque de blessures graves.

L’espace est aussi un facteur de sécurité, car la majorité des conflits proviennent d’un manque d’espace. Plus les chevaux ont de l’espace moins ils sont susceptibles de se bagarrer ! Cela vaut aussi pour les abris, les aires de repos, les aires de nourrissage et la disposition des clôtures.

Pour diminuer le risque de blessures, il est donc préférable :

  • de déferrer,
  • de vérifier les clôtures et que celles-ci ne blessent pas,
  • de choisir un espace assez grand,
  • de disposer d’abris assez grands,
  • de disposer de plusieurs aires de nourrissage,
  • d’éviter des angles ou des espaces où les chevaux pourraient se retrouver coincer.

L’introduction

Pour introduire un nouveau venu, plusieurs stratégies sont possibles :

  1. l’introduction directe : le nouvel arrivant est directement introduit dans le troupeau,
  2. l’introduction par petits groupes successifs : le nouvel arrivant est isolé avec un ou deux chevaux du groupe afin que l’introduction ne soit pas soudaine,
  3. l’événement : le groupe et le nouvel arrivant peuvent être mis dans un nouveau pré. La nouveauté du lieu va diminuer l’intérêt du nouveau et le risque de « heurts ».

Bien dans sa tête, bien dans ses sabots

Les chevaux sont des animaux sociaux et la réussite d’un troupeau repose sur une bonne socialisation de ses composants. L’isolement et le manque de diversité sociale augmentent les mauvaises expériences, le risque de heurts, de rejet et donc de mal-être.

Les chevaux qui sont restés longtemps seuls, ou avec un seul même compagnon, ou encore avec un compagnon d’une autre espèce (vache, chèvre, âne…) peuvent perdre leur capacité à vivre en groupe, à interpréter les signaux subtils, à gérer leur énergie et parfois même, leur propre proprioception. Pour ces chevaux, être jeté au milieu des autres est parfois très dur à vivre (dépression, amaigrissement, comportement négatif…).

La bonne santé physique a aussi un rôle dans la société équine. Du surpoids, des douleurs ou tout simplement un manque de condition physique peuvent faire pencher la balance du mauvais côté et augmenter les conflits.

Des chercheurs anglais ont d’ailleurs montré que les chevaux en surpoids affichaient plus de comportements de dominance.

Dans une autre étude, les scientifiques avaient également fait le lien entre dominance et parasitisme, on apprenait notamment que les dominés étaient plus sujets au surparasitisme.

Que l’on retient-on pour augmenter les chances que chaque introduction se déroule le mieux possible ?

  • des chevaux bien dans leur tête, ayant l’habitude de vivre au grand air, dans un petit groupe et ayant l’habitude de faire de nouvelles rencontres,
  • des chevaux bien dans leur corps : en bonne santé et au poids optimal.


Bibliographie

  • Hélène Roche, Comportements et postures, Belin, 2012