Ulcères gastriques équins : des symptômes parfois peu visibles (partie 1)

50 à 90% des chevaux au travail souffriraient d’ulcères gastriques équins (UGEs).

Pourquoi le cheval est-il sujet aux ulcères gastriques ?

La raison se trouve dans son fonctionnement digestif : son estomac produit de l’acide chlorhydrique en continu pour digérer les aliments ingérés tout au long de la journée. C’est 1,5 litre d’acide produit toutes les heures, soit environ 36 litres en 24 heures.

Ce n’est pas un problème si l’estomac est constamment rempli d’aliments, car l’acide va « s’y attaquer ». Mais c’est un problème si l’estomac est vide ou partiellement vide, car l’acide qui stagne dans l’estomac, va alors commencer à endommager la muqueuse protectrice. C’est le début de l’ulcération.

L’estomac est composé de deux parties :

  1. la muqueuse squameuse : située dans la partie haute, c’est la plus sensible aux éclaboussures acides. 60 à 80% des ulcères gastriques sont situées dans cette partie,
  2. la muqueuse glandulaire : située dans la partie basse de l’estomac qui est moins sensible, mais pas invincible.

Quelques chiffres (chevaux domestiques et chevaux féraux)

Comme mentionné plus haut, 50 à 90% des chevaux au travail souffriraient d’ulcères gastriques.

Estimation de chevaux touchés par discipline :

  • Courses : 90%
  • Chevaux de spectacle : 60%
  • Complet : 60-70%
  • Jumping : 72%
  • Endurance : 93% des chevaux souffrent d’ulcères pendant la saison de compétition contre 48% pendant la saison de repos.
  • Polo : 69% souffrent d’ulcères glandulaires et 54% d’ulcères squameux.

Je n’ai pas trouvé de chiffres spécifiques au dressage, mais on peut inclure la discipline dans les estimations des chevaux au travail.

Le sevrage est une période critique, on estime que 25 à 50% des poulains développent des ulcérations pendant cette période de leur vie.

Le sevrage : une période à risque dans l’apparition d’ulcères gastriques.

Et qu’en est-il des chevaux sauvages ?

Les chevaux domestiques ne sont pas les seuls concernés par les ulcères gastriques, mais ils restent moins touchés. Dans une étude portant sur 51 chevaux domestiques et 27 chevaux féraux, les chercheurs ont déterminé que :

  • 22,2% des chevaux féraux et 60,8% des chevaux domestiques avaient des lésions squameuses,
  • 29,6% des chevaux féraux et 70,6% des chevaux domestiques avaient des lésions glandulaires.

Les chevaux féraux semblent donc plus sujets aux ulcères situés dans la région glandulaires par rapport aux chevaux domestiques, et les chercheurs ne connaissent pas encore les causes  de cette surprenante différence.
SOURCE : TheHorse

Les chevaux féraux ne sont pas épargnées par les ulcères gastriques.

Les causes

Les causes d’ulcères gastriques sont assez bien connues :

  • le stress : le sevrage, un transport même de courte durée, une compétition, un changement d’environnement…
  • le manque de fourrages (on peut parler de privation de nourriture),
  • l’exercice intense et/ou pratiqué l’estomac vide,
  • le tic à l’air ou à l’appui (plus d’études doivent être réalisées à ce sujet),
  • l’administration d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Les mouches gastérophiles ne semblent pas être responsables d’ulcères gastriques.

Des symptômes pas toujours évidents à détecter

Les signes les plus connus et reconnus sont :

  • un manque d’appétit,
  • une irritabilité,
  • un manque de performance,
  • une mauvaise condition physique,
  • des coliques de faibles intensités.

Mais il y a aussi des signaux moins « percutants » :

  • dans les signes physiques :
    • une salivation excessive,
    • des crottins mous,
  • dans les signes comportementaux :
    • un cheval qui boit moins,
    • qui preste couché plus longtemps que d’habitude,
    • qui joue avec sa langue,
    • qui semble l’air de mastiquer sans manger,
    • qui mange plus vite si le repas a été retardé,
    • qui fait des rotations avec son encolure,
    • qui stresse facilement,
  • dans les signes au travail :
    • qui réagit au sanglage,
    • qui fait des foulées courtes,
    • qui réagit négativement à la jambe,
    • qui regarde/mord la zone jambe/sangle,
    • qui fouaille de la queue.

Un bon poids de forme, un poil brillant et quand même des ulcères !

Plusieurs exemples dans la vidéo ci-dessous montrent des chevaux en état qui ont un poil brillant et qui ont été diagnostiqués positifs aux ulcères, parfois à des grades sévères.

 

Source des captures :

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Ulcères gastriques équins : oméprazole et autres résultats de recherches (partie 2)