Gérer son cheval par temps chaud (sans douche)

 

Article mis à jour le 22 juillet 2022

Fortes chaleurs, canicules… les conditions météorologiques peuvent mettre à mal nos compagnons, une situation à prendre au sérieux, car chaque année des chevaux en succombent.

Eau = transpiration = rafraîchissement

La thermorégulation du cheval par temps chaud fonctionne grâce à deux outils : la transpiration et la respiration.

Le cheval a donc besoin de boire pour se rafraîchir.

En cas de déshydratation, les risques sont  nombreux : coup de chaleur (parfois mortel), impaction (colique), problèmes rénaux et urinaires.
Pour savoir si son cheval est hydraté, on peut réaliser le test du pli de peau : pincez et tirez la peau du cheval vers son épaule et relâchez, si la peau ne revient pas à la normale dans les 2 ou 3 secondes, le cheval est déshydraté.

Pour que le cheval puisse se rafraîchir, l’eau doit donc être disponible à volonté.
L’eau qui se réchauffe au soleil est propice au développement des algues, ce qui peut être un frein à la prise de boisson, il faut donc veiller à ce qu’elle reste propre.

Il existe des systèmes d’abreuvoirs fermés qui préservent la température de l’eau et la gardent propre plus longtemps ainsi que des systèmes de pompe où le cheval ne prélève que ce dont il a besoin. Ces systèmes sont assez coûteux mais ils peuvent être des solutions intéressantes pour éviter le gaspillage et gagner en temps de corvée.

Il existe également un modèle ouvert qui pompe l’eau automatiquement grâce à l’énergie solaire.

 

Quelles solutions possibles pour rafraîchir son cheval sans douche

Les canicules sont souvent associées à des épisodes de sécheresse, donc le gaspillage d’eau est déconseillé voire interdit.

Activité

On évite de solliciter en cas de fortes chaleurs.

Si possible, on sort le cheval la nuit plutôt que la journée.

Transport

Le transport en journée est à éviter, il est préférable de voyager de nuit.

Masque anti-mouche et anti-UV

Pour éviter l’agacement,  les mouvements inutiles et les uvéites, il est bon d’équiper le cheval d’un masque anti-mouches et anti-UV.
Certains masques anti-mouches offrent cette double protection, on en trouve chez Absorbine, Bucas, Cashel, Equilibrium, Farnam et Horseware. Attention : certaines marques (connus) indiquent une protection UV trompeuse en se basant sur la protection textile du produit et non sur celui du grillage !

Il faut veiller à nettoyer régulièrement le masque pour éviter que la poussière qu’il contient n’irrite les yeux.

Protéger les mamelles et le fourreau

Pour éviter les gonflements à cause des piqûres d’insectes dans la zone du fourreau et des mamelles, j’ai testé le beurre végétal et cela fonctionne plutôt bien.

Contre les coups de soleil

Pour les chevaux exposés au coup de soleil, je conseille la crème Solaren d’Animaderm qui ne contient pas de nanoparticules.

Produit anti-mouches

Personnellement, je suis de plus en plus contre les produits anti-mouches même naturels parce que leur efficacité reste limitée. Certains d’entre eux sont mêmes des effets insecticides, donc je trouve qu’au niveau santé et environnement, cela reste des produits problématiques.

Si votre cheval devient fou à cause des mouches autant créer une barrière physique contre les insectes et investir dans une couverture anti-mouche.

Rafraîchir avec peu d’eau

On peut rafraîchir les zones de chaleurs (membres, poitrail, entre les cuisses) avec une éponge humide mais pas trempée ou on peut aussi poser une serviette humide sur le dos du cheval.

Peut-on entraîner son cheval par temps chaud ?

Le professeur Michael Lindinger explique qu’il faut seulement 17 minutes d’entraînement modéré pour que la température corporelle du cheval grimpe à des niveaux dangereux. C’est 10 fois plus vite qu’un humain.

Les chevaux craignent donc bien plus la chaleur que nous. Et les effets peuvent être sérieux, car la température peut grimper jusqu’à 41°C et ceux des muscles jusqu’à 43°C qui commencent à les dénaturer (cuisson).

En général, les cavaliers prennent l’habitude d’entraîner leurs chevaux le matin ou tard le soir pour éviter les désagréments, mais quand ils participent à un concours qui se déroule en plein milieu de la journée, ils n’y pensent pas toujours. Lindinger recommande donc de réaliser une période d’acclimatation, en passant 4 heures par jour, au moins 5 jours par semaine pendant 3 semaines, dans des conditions chaudes afin que l’organisme du cheval s’acclimate à ces conditions difficiles.
SOURCE : University of Guelph

Faut-il donner des électrolytes ?

La famille des électrolytes est composée du sodium, du potassium, du chlorure , du calcium, du magnésium et du bicarbonate.

A part si vous faites une course d’endurance haut niveau, il est peu probable que votre cheval ait besoin d’un shoot d’électrolytes même en cas de fortes chaleurs.

Il a en revanche besoin de sodium, donc vous pouvez disposer une pierre à sel blanche en libre-service et ajouter du sel blanc en poudre dans la ration.

Selon Wolter, les besoins journaliers se situent entre :

  • de 15 à 40 g pour un poulain,
  • de 20 à 70 g pour un cheval au travail,
  • de 25 à 45 g pour une jument en gestation,
  • de 30 à 45 g pour une jument en lactation,
  • de 30 à 45 g pour un étalon.

Les signes de coup de chaleur

Quand les températures sont très élevées, le cheval peut développer un coup de chaleur. C’est un risque pour tous les chevaux, qu’ils soient au travail ou au repos.
Les symptômes sont :

  • léthargie et faiblesse,
  • ne veut pas ou peu bouger,
  • plus de 60 respirations/min, narines dilatées,
  • fréquence respiratoire plus élevée que le rythme cardiaque,
  • perte d’appétit et/ou de soif,
  • température corporelle élevée : 39-40°C et plus.

Que faire ? Placer le cheval à l’ombre, et doucher plusieurs fois (à chaque fois, un passage au coup de chaleur) jusqu’à que la température diminue.

Si on suit correctement ce procédé, la température corporelle peut descendre de 2 degrés en 10 minutes, mais si la température ne descend pas, contactez rapidement votre vétérinaire.

Les chevaux à robe foncée, les chevaux en surpoids et obèses ou les chevaux non acclimatés à leur nouvelle région craignent plus facilement les effets de la chaleur.
Pourquoi les chevaux en surpoids ? Parce que le surplus de graisse empêche la chaleur produite par les muscles de s’évacuer plus facilement, elle isole en hiver, mais c’est un vrai problème l’été (et pour la santé générale).

Enfin, ne pas hésiter à tondre les chevaux au poil épais ou atteint d’hirsutisme (PPID/cushing).

La joie d'un accès à un cours d'eau.
La joie d’un accès à un cours d’eau.