Gérer son cheval par temps froid

Comment l’organisme du cheval fonctionne-t-il pour faire face à la météo ?

La thermorégulation

La thermorégulation est la capacité de l’organisme à garder une chaleur constante. C’est un processus comprenant plusieurs facteurs :

  • la peau : de différentes épaisseurs, elle protège des changements de températures extérieures et conserve la chaleur intérieure,
  • la vasoconstriction ou la vasodilatation des artères : elle régule le flux sanguin permettant au cheval d’apporter du sang chaud sur certaines zones ou d’en refroidir d’autres,
  • les glandes sudoripares : en suant, le cheval refroidit et adapte sa température corporelle à la température extérieure,
  • le poil : il protège du froid et est hydrophobe. Quand il pleut par exemple, des gouttières se forment protégeant la peau de l’eau, et quand il fait froid, le petit muscle associé à chaque follicule pileux permet de maintenir l’horripilation (l’hérissement des poils) offrant ainsi une meilleure isolation grâce au confinement de l’air. Le photopériodisme (variation de la durée du jour et de la nuit) est le principal facteur de la pousse du poil, et dans une moindre mesure, la température de la peau. La boue et la neige servent de protections supplémentaires,
  • la graisse : trois fois plus isolante que les autres tissus, elle est une arme indispensable contre le froid. C’est pourquoi, à l’approche de l’automne, les chevaux ont emmagasiné 20% de poids supplémentaire. A ce stade, soulignons qu’un poil trop long n’est pas signe de bonne santé puisqu’il est généralement produit par des chevaux malades ou âgés qui dont du mal à garder de l’état. A contrario, on peut voir des chevaux sujets à l’embonpoint limiter l’épaisseur de leur toison,
  • la taille : pour ce qui est d’affronter le froid, les grands chevaux sont mieux protégés que les petits chevaux ou les poneys d’où la production d’une épaisse couche de poils,
  • l’alimentation continue : le processus de digestion sert de chauffage interne durant l’hiver,
  • la réduction de l’activité physique permet de ne pas élever la température corporelle durant l’été, alors qu’en hiver, de brefs moments d’activités permet de l’élever,
  • la vie en groupe : en hiver, les chevaux se regroupent pour réduire la perte de chaleur, ils prennent des bains de soleil, et adoptent des postures de protection (se tenir contre les intempéries dans une posture basse).

SOURCE : Holistic Horse & Hoof Care

Quand il fait froid

Grâce à la thermorégulation, le cheval est capable d’affronter les températures basses de l’hiver, si plusieurs conditions sont réunies :

  • une vie sociale,
  • du mouvement 24h/24,
  • du foin accessible 24h/24,
  • une alimentation équilibrée,
  • l’accès à un abri construit ou naturel.

Lorsqu’on constate qu’un cheval a froid, c’est principalement pour deux raisons : l’absence d’abris et le manque de nourriture.

Bien souvent, le cheval a plus souvent froid quand le temps est humide, il supporte mieux le froid sec. Il lui est donc plus difficile de supporter une température proche de 0°C sous une pluie battante qu’un froid sec, les pieds dans la neige.

Un cheval qui a froid contracte les abdominaux, se tient voussé, et plaque sa queue, cherchant ainsi à économiser de la chaleur. Si le froid est plus difficile à supporter, il grelotte. Le grelottement active ses muscles et permet de le réchauffer.

Tondre : bonnes et mauvaises pratiques

La tonte permet au cheval de mieux gérer une activité intense et donc, de sécher plus vite.

C’est donc une pratique qui répond à une problématique bien précise et non à une envie.

La tonte a deux inconvénients :

  • elle peut perturber la thermorégulation : on tond certaines parties du corps et pas d’autres et on couvre certaines parties du corps et pas d’autres,
  • il faut jongler entre plusieurs couvertures suivant le mode d’hébergement et les températures. Pour cela, le mieux est d’investir dans un capteur pour couverture.

Que faire si on ne tond pas ?

Il faut prolonger le retour au calme après le travail et choisir un lieu tempéré et aéré et éviter de remettre le cheval au box, car le manque d’aération peut déclencher un deuxième effet de chaleur (un peu comme s’il était dans un hammam).

Pour le faire sécher, l’outil le plus efficace reste la lampe chauffante, sinon il y a la couverture séchante (à ne pas laisser la nuit !).

En revanche, il ne faut pas frictionner le cheval avec de la paille, car cela réactive les muscles.

Rappel : on ne tond pas les vibrisses

Les vibrisses sont des organes sensoriels propres à certains animaux, dont les mammifères. Il s’agit de longs prolongements kératinés (poils chez les mammifères, plumes chez les oiseaux) qui transmettent leurs vibrations à un organe sensoriel situé à leur base. Chez le cheval, ce sont les longs poils se trouvant tout autour de la bouche. Elles sont utiles au cheval lorsqu’il ne peut pas voir ce qu’il sent étant donné qu’il est trop près. (Source : wikipedia)

Un cheval se sert donc de ses vibrisses pour sentir nos mains s’approcher par exemple, brouter ou toucher ses partenaires. Or, certaines pratiques incluent la coupe des vibrisses. Privé de ses vibrisses, le cheval est littéralement privé d’un de ses sens. Interdite en Suisse, c’est une pratique parfois rencontrée en France, et de manière plus anecdotique sur les chevaux de la Reine d’Angleterre….

Vibrisses.
Vibrisses.