Zéro déchet et équitation

Alors que la plupart des animaux ne produisent que des excréments, biodégradables et sources de nutriments, L’Homme, lui, produit par milliards des déchets toxiques quasi-éternels. On parle principalement de déchets radioactifs, de déchets industriels (assez divers et variés), phytosanitaires, médicamenteux et plastiques.
Tous ces déchets ne sont pas revalorisés : ils sont enfouis, brûlés ou expédiés à des pays tiers souvent pauvres. Pire, ils contaminent les sols, l’eau et l’air les rendant toxiques et cancérigènes. Face à cette montagne de déchets et à cette pollution qui s’installe, certains ont décidé de dire stop de lancer ce que l’on appelle « le zéro déchet », car une planète sans déchet c’est une planète sans pollution.

Le principe de la démarche zéro déchet
La démarche zéro déchet, c’est une pyramide inversée composée de 5 étapes :

  1. Refuser : les emballages, les produits à usage unique ou à courte durée de vie, les matières non recyclables, les produits non écologiques, non éthiques…
  2. Réduire : réparer au lieu de jeter, acheter de seconde main, réduire ses possessions, réduire sa consommation d’objets et d’énergie…
  3. Réutiliser : les tissus, les cartons, les épluchures…
  4. Recycler : le verre, le carton, les vêtements trop abîmés, les métaux,
  5. Composter : les matières organiques.
Les 5 commandements du zéro déchet.
Les 5 commandements du zéro déchet.

1. Réduire ses possessions et sa consommation
Nous en avions parlé dans cet article, mais « minimaliser » ses possessions permet de faire de se libérer du superflus, de faire des économies, de gagner en efficacité et tout naturellement, de générer moins de déchets.
La première étape passe par le désencombrement : adieu au superflu, au matériels en double ou en triple, irréparables qui blessent ou qui ne remplissent pas correctement leur rôle. Contentez-vous par exemple, d’un seul bon tapis, de bonne qualité, au design intemporel et qui convient bien au dos de votre cheval plutôt que 5 médiocres.
Après cette phase de désencombrement, ne vous réencombrez pas : chaque nouvel achat doit être mûri : en ai-je vraiment besoin ? est-ce que je n’ai déjà un objet équivalent ? est-ce que je n’ai pas un objet qui pourrait prendre la même fonction ? est-ce un objet de qualité ? est-ce que j’ai la place pour le ranger ?

2. Acheter de seconde main
Valoriser des produits d’occasion permet tout simplement de ne pas utiliser de nouvelles ressources. Il n’y a donc pas de nouvelles pollutions et pas de nouveaux déchets liés à la production de nouveaux produits.
Ressources : Preppysport, Leboncoin, trocs, sellerie…

3. Privilégier des achats éthiques et durables
Nous avons de la chance, notre discipline regorge d’artisans, nous pouvons ainsi pour procurer facilement des produits nobles, durables et éthiques. Acheter auprès d’artisans permet aussi de réduire les déchets industriels et logistiques liés à l’extraction, l’export, la fabrication et l’expédition du produit. Enfin, il est plus facile de s’assurer de la traçabilité des matières premières, comme par exemple le cuir, une matière extrêmement polluante pour l’environnement.
En d’autres termes, pensez et évaluez le cycle de vie de votre produit/service :

4. Bannir le plastique
Le plastique est LE déchet à bannir à tout prix. C’est un matériau qui ne se décompose pas, il se désagrège en milliards de nanoparticules pendant des centaines voire des milliers d’années. Sachez qu’en France, en 2011, sur 3,3 millions de tonnes de déchets plastiques produits, 39 % ont été enfouis, 41 % incinérés et 20 % recyclés. Sachez également que le recyclage des déchets est une filière opaque : certains déchets sont enfouis à l’étranger et d’autres sont expédies à des pays tiers qui ne savent pas ou peu les gérer. Or, la production de plastique est pourtant très jeune à l’échelle de l’humanité, elle a explosé dans les années 50, soit il y a à peine 70 ans. Il est donc encore possible de changer la donne. Pour cela, refusez les produits issus de la pétrochimie comme les emballages, les produits cosmétiques et les vêtements synthétiques.

A propos des vêtements.
Saviez-vous qu’à chaque lessive, des microfibres se détachent de vos vêtements synthétiques ? Celles-ci sont trop petites pour être filtrées par nos machines ou par les stations d’épuration, c’est donc dans l’océan et tout récemment dans nos réserves d’eau douce que nous les retrouvons ! Soignez donc votre garde-robe : misez sur des fibres naturelles comme le coton, le lin, le chanvre, le tencel/lyocell, la laine (issue de filières respectueuses des animaux), etc. Et si jamais vous ne trouvez pas votre bonheur parmi les marques équestres, n’hésitez à créer votre propre style sur le marché parallèle, car nous sommes loin d’avoir besoin de vêtements spécialisés dans notre pratique quotidienne.

3. Refuser des matières premières sources de déforestation
Il y a peut-être un lien direct entre déforestation et aliments pour chevaux. On pense souvent que le palmier à huile est la première cause de déforestation, or il n’en est que la troisième cause. Devant lui il y a le soja et le maïs, deux sources d’aliments que l’on trouve aisément dans l’alimentation pour chevaux et qui sont aussi fortement concernées par la production OGM.
Soyons donc vigilants quant à la provenance de vos aliments, car il y a fort à parier que notre pot de Nutella soit à un petit joueur à côté de nos sacs de 25 kg.

5. Utiliser des produits simples et naturels
Voici des astuces simples, pas chères et naturelles pour faire vos propres produits de soins pour votre cheval :

  • du vinaigre de cidre bio en guise de démêlant,
  • de l’huile de tournesol pour hydrater les crins de votre cheval et votre matériel en cuir,
  • du savon noir en guise de shampoing ou pour entretenir votre matériel,
  • une pâté à base d’argile verte et d’huile essentielle de tea tree comme produit assainissant pour les fourchettes et les lacunes. A conserver dans un bocal en verre de préférence (pot à confiture par exemple).

6. Recycler les ficelles et les filets plastiques
Bonne nouvelle : il est possible de recycler les ficelles en plastique de vos ballots et bottes de foin/paille ! Pour cela :

  1. demandez vos sacs de 250 litres spécialement conçus pour ces collectes de ficelles ou filets, auprès de vos coopératives ou fournisseurs,
  2. après avoir coupé les ficelles et filets, mettez les dans les sacs de collecte séparés et pensez à enlever les résidus de fourrage,
  3. stocker vos sacs jusqu’aux dates de collecte chez vos fournisseurs/coopératives. Pour savoir où apporter vos ficelles et filets.

Merci EquuRES pour l’info !

7. Raisonner l’utilisation des molécules de synthèse
La résistance aux molécules de synthèse ont poussé les scientifiques à tirer la sonnette d’alarme. Ces résistances concernent principalement les vermicides et les antibiotiques. Nos plans d’actions doivent donc être raisonnés, raisonnables et surtout régulièrement actualisés. Par exemple en ce qui concerne le surparasitisme en s’attaquant à l’environnement du cheval plutôt qu’à son organisme et en réduisant les recours à l’automédication.

8. Réaménager les espaces
Fini les prés surpâturés, abîmés et surparasités, fini les espaces statiques, place au paddocks paradise, à l’écurie active, au pâturage dynamique (tournant, au fil…), à l’agroforestie et à la permaculture ! Ces nouveaux espaces assurent une meilleure gestion de la vie du cheval, de son environnement, de sa santé, ils sont aussi plus économiques grâce à une meilleure gestion des sols.

Bibliographie :

  • Les livres (en anglais) de Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus (The Minimalists)
  • Béa Johnson, Zéro Déchet, Les Arènes, 2015
  • Fumio Sasaki, L’essentiel et rien d’autre : L’art du minimalisme pour retrouver sa liberté d’être, Guy Tredaniel, 2017

N’hésitez pas à contribuer à ce sujet, je publierai peut-être vos idées dans cet article !

Crédit photo

4 commentaires sur « Zéro déchet et équitation »

  1. SUPER article ! Je me demandais quand on allait parler de minimalisme et zéro déchet dans le monde du cheval qui n’est pas épargné par la surconsommation en tout genre.
    Au sujet du développement durable et tout ce qui l’accompagne (dont le zéro-déchet) je te conseille vivement le livre très pratico-pratique de Farid Baddache qui s’intitule « Développement durable ». Ce livre s’adresse à tout le monde et il est tout simplement extra !

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  2. Super article! Je decouvre ce blog et ça promet de la lecture!! Est ce qu’il serait possible d’avoir la recette du produit pour fourchettes à base d’argile?
    En échange, mon antimouche: dans un flacon spray de 1 litre: 20 à 30 gouttes d’He de Géranium, lavande, girofle et citronnelle dans de l’eau. Un ou 2 copeaux de savon pour émulsionner et c’est bon! Économique, écologique et efficace sur le cheval et son bonhomme!! 😉

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    1. Merci. 😉
      Personnellement je fais un peu au pif pour le mélange, j’ajuste en fonction de la quantité que je souhaite et si la zone est vraiment atteinte ou si c’est plus du préventif. Mais je ne fais pas cela avec toutes les HE. 😉
      Pour les produits anti-mouches, il y a pas mal d’astuces, le tout est que cela résiste à la transpiration. Personnellement, j’ai arrêté l’application de produits, je n’ai pas trouvé mon bonheur dans tout ce que j’ai pu essayé de « naturel » (et j’ai même eu de mauvaises expériences aussi), du coup je reste sur du basique et sûr : le masque anti-mouches.

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