Le soja est-il un perturbateur endocrinien chez le cheval ?

En ce moment, je lis beaucoup de conseils – par des pros et amateurs – affirmant qu’il ne faut pas donner de soja au cheval parce que c’est un perturbateur endocrinien.

Les PE (perturbateurs endocriniens) sont des molécules potentiellement néfastes pour la santé, car comme leur nom l’indique, elles perturbent le système endocrinien.

Un Perturbateur Endocrinien (PE) est, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une substance chimique d’origine naturelle ou synthétique, étrangère à l’organisme et susceptible d’interférer avec le fonctionnement du système endocrinien, c’est-à-dire des cellules et organes impliqués dans la production des hormones et leur action sur les cellules dites « cibles » via des récepteurs.

Les PE peuvent interférer sur le système endocrinien de 3 façons :
– Imiter l’action d’une hormone naturelle et provoquer la réponse des cellules cibles à cette hormone ;
– Bloquer la fixation d’une hormone sur son récepteur au niveau des cellules cibles ;
– Gêner ou bloquer la production ou la régulation d’une hormone ou de son récepteur et donc modifier le signal hormonal.

SOURCE : Ministère des solidarités et de la santé

Selon plusieurs avis, le soja serait donc un PE chez le cheval.

Qu’en est-il ?

On a récemment beaucoup parlé du soja comme un PE dans l’alimentation humain parce qu’il contient des phyto-œstrogènes.

Les phyto-œstrogènes sont des hormones naturelles que l’on trouve dans diverses plantes, dans les légumineuses (trèfle, luzerne, soja) et le lin.

Si on en trouve dans les plantes, les légumineuses et le lin, cela veut dire que le cheval est largement exposé aux phyto-œstrogènes.

Du coup, doit-on chercher à supprimer les phyto-œstrogènes dans l’alimentation du cheval ?

D’abord, il faut nuancer les informations : ce qui est applicable à l’humain ne l’est pas forcément pour le cheval.
Le peu d’études qui ont été menées sur le sujet se sont portées sur la reproduction, en particulier chez la jument. Lors de ces études, les juments ont été nourries à des doses anormalement élevées de phyto-œstrogènes, et dans ce cas, cela a été évidemment était un problème.

Ensuite l’alimentation c’est toujours une histoire de dose et donc, d’équilibre.

On ne peut négliger les légumineuses parce qu’elles sont une source de protéines indispensables pour le cheval. On ne peut pas non plus écarter le lin parce que c’est l’une de nos meilleures sources d’oméga-3.

Par contre, il sera déraisonnable d’en donner trop et non pas seulement à cause des phyto-œstrogènes, mais parce que cela va entraîner d’autres déséquilibres (trop de protéines, trop d’oméga-3, trop de calcium).

Tout est donc encore et toujours, une question de dosage.

D’ailleurs, les recommandations sanitaires chez l’humain sont les mêmes : il n’est pas déconseillé de manger des légumineuses ou soja, il est déconseillé d’en manger trop. Et c’est là, une nuance importante.

Conclusion ?

Le vrai problème du soja c’est qu’il est issu de cultures OGM qui participent activement à la déforestation.
S’il y a une raison pour le bannir, ce serait bien celle-là.

Doit-on avoir peur des effets des phyto-œstrogènes dans l’alimentation du cheval ? Rien ne le prouve. Les effets négatifs ont été observés lorsque les doses étaient élevées et les risques semblent écartés dans le cas d’une alimentation diversifiée et équilibrée.

Dans un prochain article, j’aborderais plus largement la question des PE et des produits toxiques dans l’environnement du cheval et comment les éviter un maximum.