Faut-il ne plus avoir de chevaux pour lutter contre le changement climatique ?

Les Journées sciences et innovations équines 2022 se sont tenues en juin 2022 et les replay viennent d’être publiés sur YouTube. Parmi les sujets abordés, il y a eu deux présentations au sujet du changement climatique : l’une réalisée par Thierry Caquet, Directeur Scientifique Environnement à l’INRAE : La filière équine face au changement climatique et la seconde présentée par Agata Rzekęc, ingénieure de développement à l’IFCE : CAP’2ER® équins : bilan carbone de 39 structures en France.

Suite à la publication de mon article Nos chevaux, nos choix et le changement climatique, il y a eu pas mal d’interrogations et critiques sur la filière équine, certain(e)s avaient évoqué l’idée d’arrêter d’avoir des chevaux pour lutter contre le réchauffement climatique. Ces chiffres tombent à pic par qu’on va évaluer la pertinence de cette question.

L’impact carbone de la filière équine

La pollution de la filière équine

En 2021, le bilan des GES de la filière équine est estimé à 436 millions de tonnes équivalent CO2.

C’est 1,5% des émissions agricoles totales (françaises ou mondiales, ce n’est pas précisé).

Si on répartit les GES par secteur cela donne (données 2019) :

  • 31% pour le transport,
  • 19% pour l’agriculture,
  • 19% pour l’industrie manufacturière,
  • 17% pour le résidentiel/tertiaire,
  • 14% pour l’énergie,
  • 3% pour les déchets.

La pollution d’un cheval

Un cheval émet en moyenne entre 20 et 22 kg de méthane par an, soit environ 588 kg de CO2 par an. En comparaison, une vache laitière émet en moyenne 121 kg de méthane par an, soit 3388 kg de CO2 par an.

Les mules et ânes émettent en moyenne 12kg de méthane par an, soit 336 kg de CO2 par an.

Et note intéressante : un poney émet entre 40% et 50% de méthane en plus qu’un cheval. D’après Thierry Caquet ce serait lié à leur métabolisme. Malheureusement, nous n’avons pas plus d’informations. Dommage, car on pourrait certainement agir sur cette question : déjà en vérifiant à nouveau cette estimation (qui date de 1997) et ensuite connaître les leviers d’actions pour réduire ce chiffre ?

Le bilan carbone de 39 structures équines

Dans le cadre du lancement de l’outil CAP’2ER® équins, le bilan carbone de 39 structures équestres a été évalué. CAP’2ER® équins est un outil à la disposition des acteurs de la filière afin d’évaluer leur bilan carbone.

Au niveau des résultats, surprise ! Les structures compensent en moyenne 100% de leurs émissions de GES.

L’impact carbone de la filière équestre

Il y a très peu de données sur l’impact de la filière équestre. Thierry Caquet a quand même trouvé un exemple : le Mondial du Lion.

Le bilan carbone du Mondial du Lion 2016

En 2016 le Mondial du Lion a réalisé son bilan GES et voici ce qui l’en ressort.

2061 tonnes d’équivalent CO2 ont été émises pour cet événement :

  • 77% par les spectateurs,
  • 19% par les cavaliers,
  • 3% par les exposants,
  • 1% par les organisateurs,
  • 0% par les bénévoles.

Soit 25,3 kg d’équivalent CO2 par jour et par personne.

Au total l’ensemble des publics ont parcouru 15,44 millions de km pour participer ou assister à cette compétition.

Conclusion

En termes d’émissions de GES, la filière équine a un impact relativement modéré. De part ses prairies qui constituent d’importants puits de carbone et d’autre part parce que le cheval est un faible émetteur de méthane (6 fois moins qu’une vache laitière).

Quant à l’impact de la filière équestre, elle va surtout être déterminée par les utilisateurs. Pour l’évaluer, le bilan carbone personnel reste un outil essentiel et même si tout n’est pas pris en compte dans le calcul, cela ne doit pas nous empêcher de faire des choix :

  • choix du cheval,
  • choix de sa localisation,
  • choix de son hébergement,
  • choix de son alimentation,
  • choix de son matériel,
  • choix du moyen de transport,
  • choix des déplacements.